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© Ovide, Fastes, Livre II et Métamorphoses, II       

   
   

Callisto

 

   
   

Vienne la troisième nuit ( de février), aussitôt tu verras que le Gardien de l’Ourse a dégagé ses deux pieds.

   
   

Avec les Hamadryades et Diane chasseresse, Callisto faisait partie du choeur sacré; posant la main sur l’arc de la déesse, elle dit:

   
      - Arc que je touche, sois le témoin de mon voeu de virginité.    
    La déesse du Cynthe la félicita:    
      - Tiens parole, dit-elle, et tu auras la première place parmi mes compagnes.    
   

Elle eût tenu parole si elle eût été moins belle: elle se agrda des mortels, Jupiter causa sa chute. En effet, le père tout puissant parcourait la vaste enceinte du ciel. Sa chère Arcadie lui inspirant une attentive sollicitude, il en rétablissait le cours des  rivières, revêtait la terre de gazon, les arbers de feuillages. Tandis qu’il allait et venait ainsi, une vierge arrêta ses regards, pour laquelle il conçut soudain une brûlante passion qui l’enflamma jusqu’aux os.

   
   

Le soleil, au plus haut du ciel, venait de dépasser le milieu de sa course lorsque notre belle pénétra das une forêt que les siècles n’avaient pas entamée. Elle détacha le carquois de son épaule, détendit son arc fléxible et se coucha sur le sol couvert de gazon, appuyant sa t^te inclinée sur son carquois aux vives couleurs. Dès que Jupiter l’aperçut, lasse et sans garde, il prit la figure de Diane et demanda:

   
      - Jeune fille, toi que je compte parmi mes compagnes, sur quels sommets as-tu chassé ?    
    La jeune fille se redresse et dit:    
      - Salut déesee, que je met au-dessus de Jupiter (dût-il m’entendre en personne)    
    Il rit, joyeux, de se voir préférer à lui-même.    
   

La nymphe allait raconter dans quelle forêt elle avait chassé mais il l’arrêta et la serrant dans ses bras févèle sa véritable nature.

   
   

La nymphe, alors, résiste autant que le peut une femme. Elle se débat mais sur quel homme une jeune fille pouvait-elle avoir l’avantage ? Quel dieu sur Jupiter ?

   
    Et Jupiter vainqueur remonte vers l’Ether.    
   

La nymphe maudit ses ombrages, cette forêt profonde complices de l’attentat. En partant, il s ’en faut de peu qu’elle n’oublie son carquois plein de flèches et son arc, suspendu à un arbre.

   
   

Pour  la neuvième fois les cornes de la lune reparaissaient, annonçant son disque, quand Diane, la déesse en chasse, fatiguée par les feux que lance son frère, rencontra un frais bocage d’où un ruisseau s’échappait en murmurant sur les graviers polis de son lit. Elle admire le site puis effleure la surface des eaux de son pied.

   
     

- Nous sommes, dit-elle, loin tout témoin, quittons nos vêtements et plongeons-nous dans le courant de ce ruisseau !

   
   

Callisto a rougi. Toutes se dépouillent de leurs voiles, une seule se fait attendre. Tandis qu’elle hésite, on lui détache sa robe. Alors son corps nu étale sa faute au grand jour.

   
    Interdite elle veut de ses mains cacher ses flancs.    
      - Loin d’ici, s’exclame la déesse, ne souille pas les eaux de cette source sacrée.    
    Et elle la chasse de la troupe qui lui était si chère.    
   

Depuis longtemps la matrone que le puissant maître du tonnerre a pour épouse connaissait cette aventure mais elle avait ajourné jusqu’au moment de sa terible vengeance. Elle n’a plus de raison de tarder d’avantage.

   
    Déjà le petit Arcas a vu jour:    
     

- Ainsi, dit Junon, il ne te manquait plus, femme adultère, que d’être féconde pour divulguer mon humiliation par ta maternité et pour attester la faute honteuse de mon Jupiter. Ce ne sera pas impunément. Je te ravirai cette beauté dont tu es charmée, et par où, odieuse fille, tu charmes mon époux.

   
    Saissisant les cheveux de Callisto sur son front, elle la jetta à terre, tête la première.    
   

La nymphe lui tend ses bras suppliants mais ceux-ci commencent à se hérisser de poils noirs. Ces mains se courbent et, prolongées par des griffes crochues, lui font office de pieds. Sa bouche jadis admirée par Jupiter s’élargit et prend la forme d’une gueule hideuse.

   
   

Pour qu’elle ne puisse inspirer la pitié par des prières ou des discours suppliants, la parole lui est ravie et de sa gorge ne sortent plus que des sons rauques, des grognements menaçants qui répandent la terreur.

   
   

Devenue ourse, elle est cependant toujours animée des mêmes sentiments. Des gêmissements continuels attestent sa douleur. Elle lève vers le ciel, vers les astres, ses mains devenues pattes. L’ingratitude de Jupiter la révolte.

   
   

Que de fois, poursuivie à travers les rochers par les chiens, cette chasseresse a fui, épouvantée, devant les chasseurs.

   
   

Oubliant son état, elle s’est souvent cachée à la vue d’autres animaux sauvages. Elle a tremblé devant les ours qu’elle apercevait sur les montagnes ou redouté les loups quoique son père fût aussi parmi eux.

   
   

Quand à l’enfant, Arcas, il était bien le petit-fils de Lycaon qui l’avait receuilli, après la métamorphose de sa mère. Mais ce grand-père, ignoble, tua son petit-fils et le servit, dit-on, haché parmi d’autres viandes, à Jupiter, qui lui avait demandé l’hospitalité, Lycaon voulant vérifier par une telle infanie que c’était bien un dieu qui lui faisait les honneurs de sa visite. En présence du plat, Jupiter en furie renversa la table et de sa foudre, incendia la  maison en changeant Lycaon en loup. Alors Jupiter recueillit et rassembla les membres de l’enfant, le ramena à la vie et le fit élever par un Etolien.

   
         
         
   

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