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                                                               L'arrangement
                                                                                
© Xeen (17 mars 2002)

résumé : avec le temps, tout peut s'arranger
genre : humour, romance
disclaimers : les persos ne m’appartiennent pas, etc. Ils sont la propriété de Double Secret, Gekko Productions, MGM, Showtime, SciFi Channel…
spoilers : toute la série jusqu'à "Window of Opportunity".

cette fan fiction a été inspirée par la chanson de Phil Collins "This Must Be Love"


*
Prologue

Heu… Bonjour ! Je m'appelle Daniel Jackson. Excusez-moi, je ne vous avais pas vus ! Il y a tellement de monde ! Je suis archéologue.
Enfin, j'étais.
En fait, je suis toujours archéologue mais… oubliez ce que je viens de dire, ça n'a aucune importance en réalité. Ca n'a rien à voir avec ce que je veux vous raconter.
Vous voulez peut-être me poser des questions? Savoir pourquoi j'ai essayé de jouer à Cupidon avec deux amis. Une amie et un ami plus précisément. Vous m'auriez dit ça il y a dix ans, je vous aurais ri au nez. La vie vous joue de drôles de tours.
Pour commencer, vous devez savoir qu'ils sont militaires de carrière. Jack O'Neill, qui est colonel, est tombé dedans quand il était petit. Samantha Carter est aussi militaire de carrière, seulement si vous la rencontrez un jour, vous comprendrez qu'elle s'est engagée certainement parce que l'armée lui offrait plus d'opportunités pour ses recherches que l'université. Elle est scientifique, j'ai oublié de vous dire ça aussi… Vous aurez du mal à admettre que l'armée utilise des gens aussi dissemblables et cela dans une même équipe.
Mais ce n'est pas non plus ce que je veux vous expliquer.
Oui je sais j'ai tendance à digresser. Soyez patients, ce n'est pas facile à raconter.
Si Jack n'était pas le supérieur de Sam…
Ooohh… je vous l'ai pas dit ?
J'aurais dû commencer par là… hum… je pense…
Bon, je recommence.
Donc Sam est major et Jack est son supérieur. C'est celui qui est colonel, vous vous rappelez ? Ils sont tous les deux dans l'armée de l'air. L'armée de l'Air emploie beaucoup de femmes depuis toujours, donc ça n'a rien de bizarre. Sauf qu'entre Sam et Jack… vous voyez ce que je veux dire.
Je vais vous donner un exemple.
Promettez de ne rien raconter, parce que les missions de SG1 sont du domaine du secret d'état, donc motus. Imaginez le truc le plus incroyable auquel vous pouvez penser et vous serez encore loin du compte.
Pardon ? SG-1 ?
Non, nous ne nous occupons pas d'armement. Enfin, ce n'est pas le seul but…  Excusez-moi, je ne peux vraiment pas vous en dire plus.
Quoiqu'il en soit, dès que ces deux-là sont drogués ou en danger ou s'ils sont sur d'autres mon… à l'étranger, en quelque sorte, et bien je vous jure qu'on ne peut plus les tenir.
Mais dès qu'on revient à la base, pfftttt, terminé, finito, rien, nada, niet ! Comme s'il ne s'était rien passé.
Difficile de voir la moindre étincelle !
Je savais que ni l'un ni l'autre ne feraient jamais le premier pas.
Ils se cachent derrière les règlements, vous racontent des histoires de non-fraternisation, de cohésion de l'équipe, vous assomment de leçons sur la sécurité et l'intégrité de la chaîne de commandement et l'importance de la hiérarchie. N'importe quoi ! Bref, ils sont ridicules…
Alors j'ai pensé qu'il fallait faire quelque chose. Sans qu'ils s'en aperçoivent. Un coup de pouce, quoi. Janet m'a aidé. Janet, c'est notre toubib, à la base.
Je me suis arrangé pour leur donner un cd…
Vous devriez vous asseoir. C'est une longue histoire.



1. Quelque part au SGC

Quel cauchemar ! Au nom du ciel ! Carter a finalement compris pourquoi Anise pense qu'on est des
xanax ! On doit se soumettre quant même à ce test dégradant… Enfin, si je veux qu'on s'en sorte tous les deux, on ne me laisse pas spécialement le choix. A tout prendre, je préfère ne pas me retrouver le crâne façon oeuf à la coque avec Anise et Freya ne train d'étalonner leurs instruments les mains plongées dans ma matière grise.
Elles m'avaient embrassé, ça suffisait comme expérimentation.
Beurk !
Toujours et encore des problèmes avec les Tok'ras ! Quand est-ce qu'on va finir par m'écouter ?
En tout cas, cette fois-ci, ce n'est pas passé loin. J'espère que Carter a raison. Elle était  complètement groggy tout à l'heure. Janet n'y est pas allée de main morte. Elle reprend des couleurs. Carter a toujours raison. Au moins pour ce genre de truc.

"Le major Carter était prise au piège derrière le bouclier."
"Exact."


"Mon colonel !! Il faut qu'on parte !"

Carter, quand j'ai compris que vous étiez du mauvais côté et que je ne pouvais rien faire, j'ai cru devenir fou. J'aurais pu abattre le bouclier à mains nues. Mourir, ça m'est égal, tant que c'est à votre place.
Ne me regardez pas comme ça, Carter.
Moi aussi, je me souviens de ce qui s'est passé. Si c'était à refaire, je le referais. Vous ne croyez tout de même pas que j'allais vous laisser là ?
Je sais bien que nous n'avons pas tout dit. Je sais aussi que ce n'est pas très judicieux d'en parler Carter. Vous avez oublié que nous sommes des soldats ? Vous ne vous rappelez plus nos rangs respectifs ?
… Si vous pensez qu'il le faut, je ferais ce vous voulez.
Est-ce que ce n'est pas toujours ce que je fais ?
Je suis avec vous.
A 300 %.

"Il y avait des bruits"

Courage. Réfléchis Jack. N'oublie rien. C'est ta dernière chance avant qu'Anise te transforme en cobaye.
Cette sangle me fait mal. Sam l'a trop serrée.

"Vous aviez fait tout ce que vous pouviez ?"
"Oui"
"Vous ne pouviez pas la sauver…"
"Non."


Sam…
Elle est sur les charbons ardents. Est-ce qu'elle est pressée que j'en finisse ou est-ce qu'elle appréhende ce que je vais dire ? Ou alors elle m'en veut parce que je n'explique pas assez ?
J'espère qu'Anise va me poser les bonnes questions. Celles qui m'éviteraient de cracher le morceau devant Sam, Teal'c et le toubib et surtout que je trouverai les bonnes réponses. Je suis sûr que Carter va m'aider. C'est bizarre qu'elle soit restée à côté de cette Tok'ra et qu'on n'ait pas essayé de la faire monter dans la salle d'observation. Elle a dû demander à Janet d'intervenir. Ou Anise n'a rien osé dire. Oui, c'est plutôt ça. Donc, ils n'ont plus peur que je devienne dangereux…
Ils auraient dû vendre des billets...
Arrête ça, Jack.
Pense à Astor. Rappelle-toi comme elle était terrifiée. Souviens-toi qu'elle s'est supprimée devant tes yeux. Tu vas peut-être faire pareil.
Je sais. Je suis au pied du mur. Il va falloir le dire. Heureusement que Hammond est occupé avec Persus et le Président. De toute façon, avec ou sans témoins, qu'est-ce que ça change ? Carter va être obligée de faire la même chose et elle ne se le pardonnera jamais.

"Mais vous pouviez néanmoins vous sauver vous ?"
"Sans doute."


Pas terrible, j'ai l'impression d'être incapable de formuler une réponse cohérente de plus de cinq syllabes. Tu peux faire mieux Jack. Secoue-toi !

"Mon colonel !"
"Je sais, je sais !"


Sam a certainement compris ce qui faussait le test au moment où Janet l'endormait. Je reconnais que c'était lâche de ma part, mais lui avouer que je préférais qu'on me fasse bouillir la cervelle plutôt que de jouer à la belle au bois dormant était hors de question.
J'ai pourtant failli craquer quand elle m'a appelé dans le couloir. J'adore quand elle me regarde comme ça. Elle le fait souvent quand elle croit que je ne la vois pas. On n'apprend pas à un vieux singe à faire la grimace. Sauf que je n'imaginais pas que je tenais autant à elle. Pas avant qu'on se retrouve coincés de chaque côté de ce champ de force.
Tu ferais mieux de te concentrer Jack. Elle fait salement la gueule, la mère Anise ! Carter aussi d'ailleurs…
Merde !
Et si Carter se trompe ?

"Que s'est-il passé ensuite ?"

"Allez-vous en mon colonel…"
"NON !"


Elle m'a supplié de la laisser. Je voyais les Jaffas au bout de ce foutu couloir. On les entendait depuis un petit bout de temps. Ca allait trop vite. Elle avait raison. Pas assez de temps. L'armée impliquait ce genre de décision. Je n'avais jamais laissé un de mes hommes derrière moi. Carter ne serait pas la première.
Blablabla…
Jack, tu n'es qu'un imbécile.
Comme si tu avais seulement pensé un centième de ce que tu viens de te raconter. Ce doit être ça que voulait m'expliquer Carter. Que je me mens à moi-même. Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer pourquoi cette satanée machine s'en aperçoit ?

"Que ressentiez-vous ?"
"Comme si quelqu'un allait sans doute mourir."


Continue Jack ! Enfonce les portes ouvertes. Anise va laisser tomber.
Cette fois-ci, Carter fait vraiment la gueule. Pourtant c'est bien ce que j'ai ressenti à ce moment-là. Qu'on allait finir là, dans ce couloir, Carter inaccessible derrière le bouclier, moi de l'autre côté. Elle allait mourir devant mes yeux… et je ne pouvais pas le supporter.

"Mon colonel…"


Oui, Sam. Je sais ce que tu veux que je dise. J'ai tendu la main, mais il y avait ce foutu champ de force. Je les ai maudits tous, les Goa'Ulds, les Tok'ras, Anise. Seulement je ne pensais pas à Anise et ses petits bracelets magiques à ce moment-là.
Non.
Je me demandais si j'aurais dû te parler de mes sentiments avant. Avant qu'il m'arrive quelque chose. Ou qu'il t'arrive quelque chose. Elle doit bien se douter, avec ce qui s'était passé avec le docteur Carter. Et puis le général O'Neill qui était fiancé dans cette réalité alternative dont parlait Daniel. Le pire, c'est pendant les briefings. Il y a des moments où je n'ose même pas la regarder tellement j'ai l'impression que ce que je ressens est inscrit sur ma figure.
Oh, mon dieu, qu'est-ce que je vais pouvoir dire Sam ? Aide-moi ! Tu sais que je ne suis très doué pour dire ces trucs-là. Non, en fait c'est l'autre Sam qui sait…
D'accord, j'ai compris.  Cette saleté de machine ne changera pas de couleur. Tant pis. C'est toi qui me l'as demandé…  je dois le faire. Il suffit de respirer un grand coup et de te regarder droit dans les yeux.

"Je suis resté parce que je préférais mourir plutôt que de perdre Carter."

Voilà. J'espère que c'est suffisant.
Non.
Elle baisse la tête. Elle ferme les yeux.
Anise s'impatiente.
Qu'est-ce qu'il faut que je dise ?  Que je suis dingue de Carter ? Qu'elle me rend fou ? Que je ne peux pas imaginer vivre sans elle ?
Que je l'aime…  ?
Cette histoire va faire le tour de la base. Le vieux colonel amoureux de son second ?
Ridicule.
Et alors ?
Pourtant, c'est bien ce qui s'est passé.

"Pourquoi ?"

J'en étais sûr ! Je ne vais jamais m'en sortir.
Réfléchis.
Tu peux peut-être le dire d'une autre façon.

"Parce que je tiens à elle…"

Je l'ai dit. Elle me regarde toujours.

"… beaucoup plus que je ne suis censé le faire."

Je t'aime Sam.
C'est fini ! Je ne dirais rien de plus ! Je ne pourrais plus jamais regarder Carter en face.
Elle me sourit. Elle a l'air soulagé... et triste.
Vite, que quelqu'un me détache.
Anise est d'accord, on dirait.

"Vous n'êtes pas un zatarc."


Tu parles Charles ! Bien sûr que non. Seulement j'aurais bien aimé que tu t'en aperçoives avant que je sois obligé de raconter ma vie. Ne laissez pas Carter s'approcher de moi ! C'est pas vrai ! Je ne veux pas qu'elle me touche. Pas maintenant. S'il vous plait !
Elle ne me dit rien. Toujours aussi efficace. Est-ce qu'elle est complètement insensible ? Est-ce qu'elle ressent la même chose que moi ? Sam, regarde-moi je t'en supplie ! J'ai fait ce que tu voulais non ?

"Refaites-moi le test."


Je vais en avoir le cœur net. Elles ne peuvent pas m'obliger à sortir pendant son interrogatoire à elle. Pas après ce que je viens de dire. Je suis colonel, pour l'amour du ciel !
Si elle me laisse attacher Sam, c'est que c'est gagné. Je vais pouvoir rester.
Où donc est passé Teal'c ? Je ne le vois plus là-haut. Pourvu qu'il n'y ait rien de grave avec le Président.
Janet ? Qu'est-ce que c'est que cet air  angélique ? Toubib, si vous racontez quoi que ce soit !

Mon dieu, Carter m'a serré la main.

*

"Vous n'êtes pas non plus une zatarc."


Elle l'a dit !! Vous avez entendu ?
Carter l'a dit ! Et bien mieux que moi.
Voilà, je n'ai plus que ce truc à lui retirer. Mon dieu, comme elle sent bon… Je n'arrive pas à le croire. Alors finalement je ne me faisais pas des idées…
C'est génial !
Je vais l'inviter au restaurant. Qu'on arrête d'en parler. Qu'on passe à la suite. Je suis un homme d'action. J'ai besoin de concret. Vas-y. Il n'y aura jamais un meilleur moment.

"Carter ?"

Vas-y Jack…

"Mon colonel… Rien de tout cela ne doit sortir de cette pièce."

J'aurais dû savoir qu'elle dirait un truc comme ça…
C'est ce qu'est-ce qu'elle veut ? Qu'on en reste là ? Pas de moments de faiblesse, hein, Carter ? Elle va quitter cette pièce avec le sentiment qu'elle a agi pour le mieux et probablement courir sauver le monde et rejoindre Martouf.

"Nous sommes bien d'accord ?"
"Oui, mon colonel.

Qu'est-ce que je pouvais dire d'autre ?

*

Voilà.

C'est comme s'il ne s'était jamais rien passé.

Rien n'est sorti de la pièce. Rien.

Nous ne sommes pas allés dîner. Il n'y a pas eu d'aveu aux chandelles ni de baisers au clair de lune. Je sais, ce n'est plus de mon âge, mais une fois de temps en temps… c'est bon pour le moral. Désolé, je sais pas pourquoi je dis ça. Ca m'a foutu un coup. En attendant, pas la peine de programmer une petite soirée romantique. Je passerais pour quoi ? Je vois bien qu'elle est encore bouleversée.
Elle se comporte comme une zombie depuis qu'elle a… hum, depuis que Martouf est mort. Je ne sais même pas s'ils ont sauvé le symbiote, il faudra que je demande à Jacob, un de ses quatre.
En tout cas, elle assure sur le terrain. C'est vraiment un officier hors pair. On peut lui accorder ça. Elle a eu du mal au début parce qu'elle voulait prouver à la terre entière qu'elle était un vrai mec, mais on peut dire qu'elle a rattrapé le temps perdu à glander dans ces labos au MIT ou au Pentagone. Elle est étonnante.
Sinon elle ne serait pas Carter, non ?

Daniel a certainement eu vent de ce qui s'est passé. Il me regarde sans arrêt à la dérobée comme si j'allais sortir la transcription du test
xanax de mes poches.
Teal'c a l'air plus satisfait que d'habitude, mais c'est peut-être seulement une impression. Avec Teal'c, c'est difficile de se faire une idée.
Quant à Janet, elle arbore CE sourire quand elle nous voit Carter et moi. Comme si passer tous ces examens n'était pas assez rébarbatif, et douloureux (vous pouvez rire, C'EST douloureux !), il faut que je continue à faire bonne figure en dépit de son attitude. Je trouve qu'elle ne se comporte pas comme une professionnel avec moi. Je pense qu'elle ne s'est pas rendu compte à quel point c'est difficile pour moi.
Sam m'aime.
Je l'aime.
Et nous marchons côte à côte comme des étrangers.

*

2.  Ce que je ressens…

Qu'est-ce que c'est que ça ? Encore un rapport sur le minéral miracle de P2Z-453 ? Combien de fois est-ce que je suis supposée recommencer cette analyse ?
J'en ai plus qu'assez de toute cette paperasserie.
Il faut que je me lave les cheveux, heureusement qu'il n'y a pas de miroir au labo !
En plus Jack… le colonel ne vient même plus me voir. En mission, il est comme d'habitude, un peu plus réservé, mais dès que nous revenons à la base…
Il devrait pourtant comprendre ! Il sait que je l'… que je tiens à lui. Hammond est bien bon de ne pas démanteler notre équipe.
C'est lui !

"Entrez !"

Non…

"Bonjour Daniel ! Alors, remis de votre chute ?"


Le colonel est peut-être vraiment fâché ? Et si j'en parlais à Daniel ?
Non. Probablement Pas.
Souris Sam.
Souris… Tout va bien.

"Merci Sam. Je vais parfaitement bien. Janet m'autorise à repartir en mission. J'ai hâte de rencontrer ce Malikaï dont SG-15 nous a parlé. J'ai bien cru que Janet ne me donnerait jamais son feu vert !"
"Bien"
"En fait, je suis passé vous apporter quelque chose. C'est une compilation que j'ai trouvé sur e-bay. Je vous ai fait une copie. J'ai remarqué que… heu… vous êtes souvent toute seule au labo depuis quelques semaines."
"Oh, c'est gentil Daniel ! Vous pouvez le mettre dans le lecteur, si je lâche ça maintenant, j'en ai pour trois heures de plus à rester enfermée ici."
"Ca ne vous gêne pas d'habitude…"
"En ce moment je préférerai être sur le terrain, ne plus traverser la salle d'embarquement dix fois par jour et… Excusez-moi, Daniel. Ca passera…"
"Non, ça sera moins douloureux avec le temps, c'est tout."
"Merci Daniel."
"Je vous laisse Sam, j'ai promis d'aider Teal'c."
"Teal'c ?"
"Pour son cours de civilisation américaine."
"C'est comme ça que vous appelez vous coller devant la télé et regarder
MacGyver et General Hospital ?"
"Chut !!"

Heureusement que j'ai Daniel. Il est trop mignon. Je comprends que toutes les filles de la base aient envie de le prendre en pension et de lui préparer à goûter !
Bon, reviens sur terre, Sam. Daniel a autre chose à faire que rester là à te tenir la main.
Tiens c'est Phil Collins ! J'avais oublié cette chanson…

Ce que je ressens, c'est sûrement de l'amour

Tous les jours, je reste là et j'attends,
Au cas où tu m'appellerais
Je n'en peux plus d'attendre
Je n'aurais jamais cru que le temps passerait si lentement

Daniel l'a fait exprès. C'est pas possible ! Je le déteste !
Est-ce qu'il veut me dire que je devrais faire le premier pas ? Qu'est-ce que je raconte ! Je suis toujours major de l'armée américaine. Jack… le colonel O'Neill est toujours mon supérieur. Quel premier pas !?
Pourquoi cette roche ne réagit-elle pas à…

*

Qu'est-ce que c'est que ce truc ? Un cd? Avec un mot de… Daniel ! Un de plus. S'il croit que j'ai du temps à perdre avec ses chinoiseries ! Je ne sais plus où les mettre ses trucs ! Quelle manie il a de tout archiver sur cd ! Depuis que j'ai perdu son disque dur portable il doit se méfier.
Mais s'il y a bien quelqu'un qui sait que je ne lis pas vraiment les dossiers, c'est bien Daniel ! C'est quoi ce mot ?
Hé !! Mais c'est de la musique ! Aa ah ah, ça change tout !
Je vais écouter ça dans la voiture. Les rapports, ça suffit pour aujourd'hui ! Hammond finira bien par me lâcher. Ce n'est pas comme si mes états de service ne parlaient pas pour moi. Enfin, j'espère.
Bon, qu'est-ce que je fais… 19 heures 15. Je lui propose d'aller manger un morceau ? Elle est encore au labo à cette heure-ci.
Non. Mauvais plan.
Ca ne doit pas sortir de la pièce, c'est elle qui l'a dit.
Va te chercher une pizza, passe prendre des vidéos et oublie Carter… téléphone à Maggie. Elle sera ravie.
Bof.
Mauvais plan.

Tiens c'est Phil Collins !! Daniel n'était sûrement pas né quand cette chanson est sortie ! Je me rappelle qu'on avait acheté le vinyl avec Sara. Il y avait cette photo de Collins sur la pochette, un agrandissement en noir et blanc.
Mon dieu, ça fait des lustres.

Ce que je ressens, c'est sûrement de l'amour

Tous les jours, je reste là et j'attends,
Au cas où tu m'appellerais
Je n'en peux plus d'attendre
Je n'aurais jamais cru que le temps passerait si lentement

Je ne me rappelais plus des paroles ! Aïe, aïe, aïe, c'est gratiné.

Je pensais que je ne trouverais plus jamais le bonheur
Mais je vois bien que c'est toi que j'attendais
Tous les jours un peu plus
Je sais ce que tu penses
Ne me dis pas qu'on te l'a déjà dit
Je le sais
Mais je sais ce que je ressens au fond de mon cœur
Tu sais, je ne vais pas laisser tomber
Car je crois que…

Ce que je ressens, c'est sûrement de l'amour

Les mots ne sont que des mots
Je ne sais pas comment expliquer
Ce que tu me fais
Tu es exactement telle que je l'espérais.

Ce que je ressens, c'est sûrement de l'amour

Et si je faisais écouter ça à Carter ? Je n'aurais rien à dire, ce bon vieux Phil le ferait pour moi !
T'es débile Jack. Elle sait déjà ce que tu ressens. Ca ne va rien changer… Tiens, je vais m'arrêter chez le chinois plutôt….

3.  L'arrangement

"Mon colonel?" dit Sam en s'avançant vers le colonel les yeux fixés sur son lecteur.
"Carter?"
"J'ai terminé monsieur," sourit-elle.
"Bon. Alors on y va !! Daniel? Daniel? Il est temps de partir!" souffla Jack dans son walkie.
"Daniel Jackson ne semble pas vous entendre O'Neill. Désirez-vous que j'aille le chercher?"
"Nous y allons ensemble Teal'c. Cette tempête magnétique ne me dit rien qui vaille et Daniel a probablement encore perdu le sens des réalités. Carter, allez voir si Malikaï sait où il est."
"Mon colonel !" aboya Carter en s'élançant les deux hommes sur ses talons.
"Hé Carter, attendez !! Regardez Malikaï ! Qu'est-ce qu'il fait ?"
"Je ne sais pas mon colonel !"
"Ce n'est pas vous la scientifique ? Teal'c, trouvez-moi Daniel !"
Le jaffa inclina la tête et accéléra la cadence.
A quelques mètres des deux militaires, l'archéologue aliène s'agitait devant l'énorme console en pierre. Les blocs se mirent à monter et à descendre, tandis qu'il appuyait sur certains avec énergie. La tempête s'intensifiait. Deux arcs électriques allèrent toucher la porte des étoiles. "Malikaï, arrêtez ! " hurla Jack. L'homme ne se retourna même pas. "Carter !! Avec moi !  Empêchez-le !"
Un éclair blanc les frappa au moment où Teal'c découvrait le corps inanimé de Daniel Jackson, dissimulé derrière d'énormes colonnes.


"… en tout cas c'est ce que je pense," conclut Daniel. "Et vous ? Qu'est-ce que vous en pensez ?"
Jack sursauta. Il regarda autour de lui, reposa sa cuillère dans son bol de céréales et haussa les sourcils.
Teal'c, surpris par son silence se risqua à pencher la tête. "Tout va bien O'Neill ?"
"Je… je ne sais pas… est-ce qu'on n'était pas… ailleurs ?"
"Que voulez-vous dire O'Neill ? Nous sommes au mess depuis une vingtaine de minutes. Désirez-vous davantage de café ?"
"Jack, si c'est juste que vous ne voulez pas me répondre," insista Daniel, "je comprends. Je me doute que vous ne partagez pas mon opinion."
Jack dévisagea l'archéologue sans lui répondre  et se tourna vers Teal'c.
"Teal'c ? Je ne prends pas de café le matin. Vous êtes sûrs que nous étions ici ?"
"Mon colonel ? Est-ce que vous avez une impression de déjà vu ?" les interrompit Sam.
"Carter ! Vous aussi ?"
"Oui mon colonel !"
"Ouf, je préfère ça. Je croyais que je devenais dingue."
"Jack, vous évitez de me répondre !" s'énerva Daniel. "Sam, je ne m'attendais pas à ce que vous souteniez Jack sur ce terrain. C'est un point d'éthique important !"
"Quelle question Daniel ? Carter, j'espère que vous allez trouver une réponse…"
"Tout de suite mon colonel !"
"Mais Jack,  je n'ai rien demandé à Sam !" s'exclama Daniel.
"Laissez tomber Daniel," jeta Jack en se levant. Il quitta le mess avec Carter sous le regard perplexe de l'archéologue et du Jaffa.


Hammond commençait sérieusement à s'impatienter. Si O'Neill arrivait souvent avec un retard conséquent et sans aucune préparation aux briefings, c'était loin d'être le cas du major Carter. Il regarda sa montre pour la énième fois et souffla bruyamment.
Teal'c se contentait de fixer un point invisible devant lui pendant que Jackson évitait soigneusement de croiser son regard.
Ces deux –là savaient manifestement quelque chose et essayait de le lui cacher.
Il se racla la gorge et interpella Daniel.

"Docteur Jackson ? Savez-vous pourquoi le colonel et le major Carter ne sont pas avec nous ce matin ?"
"Oui. Heu… je veux dire  non, enfin j'ai une idée mais je n'en suis pas certain."
"Verriez-vous un inconvénient à m'en faire part docteur ?"
"Ce que veux dire Daniel Jackson, c'est que O'Neill et le major Carter nous ont quittés précipitamment alors que nous nous restaurions au mess. En dépit de mes recherches, je n'ai pu retrouver O'Neill," conclut le Jaffa en inclinant la tête.
"Et Sam n'est pas au labo…" ajouta Daniel d'un air piteux.
"Ils ont dit quelque chose de particulier?"
"Non général, rien qui puisse expliquer leur absence," continua Daniel. "Jack a juste mentionné le fait qu'il était ailleurs" grimaça l'archéologue, "et Sam a remarqué qu'elle avait une impression de déjà vu."
"C'est absolument correct Daniel Jackson."
"Ailleurs ?" Hammond s'agita dans son fauteuil. "Bien, nous allons commencer ce briefing sans eux. Docteur Jackson vous les mettrez au courant."
"Ce sera inutile mon général," l'interrompit Jack qui entrait. "Carter et moi avons des choses à vous dire. Enfin… Surtout Carter."



la suite