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| back L'arrangement (suite et fin) "Vous comprendrez major Carter, que cela paraît difficile à croire ?" "Mon général, excusez-moi, mais c'est Carter qui vient de vous affirmer que nous sommes en train de revivre cette journée pour la deuxième fois. Ce n'est pas comme si c'était moi qui délirait après avoir reçu un coup de zat !" s'exclama O'Neill. "C'est vrai," concéda Hammond, "mais dans ce cas, comment expliquez-vous que ni Teal'c ni le docteur Jackson n'aient la même impression ?" "Pas de problème mon général," commença O'Neill. "C'est très simple. Quand nous nous sommes approchés de Malikaï, heu… Carter ? Vous… vous voulez bien, s'il vous plait ?" "Ce n'est pas une impression mon général. Je suis pratiquement sûre que les effets de la tempête magnétique ont été décuplés quand les flux se sont connectés à la porte des étoiles. Le colonel et moi avons dû être touchés directement. Teal'c était agenouillé aux côtés de Daniel. Nous étions debout. Je ne sais pas mon général., ce ne sont que des conjectures." "Bien, en attendant confirmation de votre théorie, le colonel et vous-même êtes consignés à la base. Le docteur Jackson ira rencontrer l'archéologue Malikaï avec SG-15… "Mais général ! Nous venons de rencontrer Malikaï !" "… et Teal'c dès que le docteur Fraiser aura établi que vous n'avez pas été contaminé sur P4X-639. Je vous demanderais de bien vouloir vous rendre à l'infirmerie !" " Qu'est-ce que Fraiser pourrait bien me trouver ? S'il vous plait ?! Je viens juste d'avoir un bilan complet !" s'insurgea Jack. "Major, emmenez le colonel à l'infirmerie et tenez-moi informé." "Mon général, sauf votre respect, je pense que le colonel a raison," dit Carter à la grande surprise des quatre hommes. "Je doute que nous hallucinions ou que nous soyons sous l'emprise d'une quelconque technologie aliène, si l'on excepte le mécanisme qu'actionnait Malikaï. La masse d'énergie coronale…" "Major Carter, vous avez vos ordres ! Rompez !" s'écria le général. "Mon général ? Encore un mot, si vous le permettez," demanda Jack en agitant les mains. "Je ne le permets pas !" dit Hammond d'un ton péremptoire. "Général, je crois que vous devriez l'écouter," risqua Daniel, le corps penché en avant sur ses dossiers. Il remonta ses lunettes d'un geste machinal et laissa son regard dériver vers ses deux amis. "Plus nous en saurons…" "Docteur Jackson ! Ne me dites pas que vous accordez un crédit quelconque à ce que vient de dire le colonel !" "Non mon général. Pas à Jack. Mais à Sam, oui," expliqua Daniel en haussant les épaules. Jack se retourna et leva les yeux au ciel. "Je sais ce qui peut vous convaincre. Dans moins de deux minutes, SG-12 va passer la porte des étoiles." "SG-12 ne doit pas rentrer de mission avant 24 heures Jack, allez donc à l'infirmerie vous reposer. Nous reparlerons de cela demain." Jack porta sa montre à l'oreille et grimaça en se rendant compte qu'il ne pouvait pas entendre le mouvement du balancier. "Désolé, ma montre… Est-ce que quelqu'un peut me donner l'heure ?" "Jack ! N'insistez pas ou j'appelle les gardes" Sam ouvrit la porte et prit le colonel par le bras en lui murmurant quelque chose à l'oreille. Il acquiesça. "A plus tard, mon général" lança Jack à la cantonade et il claqua la porte derrière lui. Le soupir de Hammond fut couvert par le vacarme causé par la formation d'un vortex. Hammond se précipita en courant vers la salle de contrôle un niveau plus bas et tomba nez à nez avec le colonel O'Neill. "Mon général, SG-12," dit ce dernier d'un ton narquois en désignant triomphalement le stargate de la main. "Le sergent Stiles sera blessé à la cheville," ajouta Carter. "Mon général, c'est le code de SG-12," lança l'opérateur d'une voix mal assurée. "Ouvrez l'iris !" répliqua Hammond en dévisageant ses deux officiers. Les événements semblaient donner raison à Carter – et à O'Neill. Il fronça les sourcils et s'absorba dans la contemplation du champ gravitationnel. * . Jack leva les yeux et le fil de son yo-yo s'emmêla entre ses doigts. Il grimaça. "C'est ouvert !! Entrez qui que vous soyez ! Carter ! Vous ne savez pas faire de figures par hasard ? Ca fait des semaines que j'essaie, mais je n'arrive pas à me rappeler. Pourtant j'étais drôlement fort quand j'étais petit." Sam hésita sur le seuil. Elle jeta un regard troublé dans le couloir et s'avança gauchement dans la pièce en souriant à moitié. Jack faisait comme si ces dernières semaines n'avaient jamais existé, comme s'il était encore l'ami qui venait perturber ses expériences à longueur de journée, qui lui racontait des blagues et la faisait rire. Sauf que ce Jack-là avait disparu le jour où Anise l'avait obligée… à parler. "Quelque chose ne va pas Carter ?" finit par s'inquiéter Jack devant son mutisme. "Vous devriez vous asseoir. Vous êtes toute pâle… Ne me dites pas que Janet vous a trouvé un truc ?!" "Non, c'est que…" "Au nom du ciel Carter, crachez le morceau !" "J'ai pensé qu'il valait mieux que je vienne vous parler. Comme vous ne passez plus au labo… " Le colonel baissa la tête et enroula le fil en serrant les lèvres. "… il faut que je sache si nous faisons l'expérience de la même chose." "D'après ce que je vous ai entendu expliquer au briefing, oui. Je suis persuadé que nous vivons la même chose. Ne vous inquiétez pas Carter. Dès que le toubib aura trouvé l'antidote, Daniel pourra aller voir ce… Malikaï et lui demander de nous aider. Il a dû déclencher je ne sais quel…. truc," dit-il en agitant les mains, "et il ne s'en est pas rendu compte de ce qui nous arrivait. Vous ne croyez pas ?" "Non." "Non ?" "Non. Vous oubliez qu'il avait étourdi Daniel." "Ca a été établi ? Je n'en ai pas discuté avec Daniel…" "Mon colonel, Daniel ne peut pas se souvenir d'avoir été assommé puisque pour lui nous n'avons jamais quitté la base pour aller voir Malikaï." "Aaah… Bien sûr, je le savais," dit Jack en posant son yo-yo, un pli vertical au milieu du front. "Alors, nous avons un problème. Si Daniel retourne là-bas, ce … Malikaï risque de refaire la même chose. Qu'est-ce que vous proposez Carter ?" "Pas grand chose mon colonel. Tant que Janet n'aura pas terminé les analyses, nous devons attendre." "Oui. Bien sûr," dit Jack en reprenant son yo-yo. "Si ça se trouve, ça va s'arrêter tout seul," ajouta-t-il avec philosophie. "Il suffit peut-être d'attendre." "Oui. Attendre." "Profitez-en pour finir ce livre," dit-il d'un ton badin. "Vous savez, celui que vous aviez commencé avant que nous allions détruire le vaisseau d'Apophis." "Janet vous en a parlé ?" "Oui, elle s'inquiétait pour vous, Carter. Ce n'est pas tous les jours que l'on voit sa meilleure amie écrire 2300 pages en un après-midi. Si vous voulez le savoir, je crois que je vais en profiter pour finir de rédiger ces rapports en retard." "Ca ne servira à rien mon colonel." "On voit bien que vous n'avez pas Hammond sur le dos." "Ce n'est pas ce que je veux dire mon colonel. Si nous sommes prisonniers du temps, demain tout ce que vous avez écrit aujourd'hui aura disparu." "Vous êtes sûre ?" "Oui mon colonel." "Oh…." Jack fit pivoter sa chaise vers les dossiers empilés sur son bureau. "Alors, je vais peut-être attendre demain. Histoire d'être vraiment certain. Autre chose Carter ?" Elle se leva précipitamment. "Non, mon colonel." "Très bien. Alors fermez la porte en sortant Carter." Il entendit la porte se fermer doucement et le bruit de ses pas décroître dans le corridor. Bon sang. Qu'est-ce qui lui avait pris de dire ça ?! La sonnerie du téléphone l'empêcha de s'apitoyer sur son sort. Le sergent Siler le prévenait que le stargate ne fonctionnait plus. Ils espéraient quoi ? Qu'il allait donner un coup de pied dedans et le faire repartir ! Furieux, il lança son yo-yo de toutes ses forces et il éclata contre la porte. * "Je suis désolée mon général, mais je ne comprends pas. La porte devrait s'ouvrir. Il n'y a rien de notre côté qui dénote un disfonctionnement. Espérons que les équipes pourront établir un vortex vers la Terre. Il est clair que nous ne pouvons pas le faire de notre côté," expliqua Sam avec lassitude. "Major, essayez encore. Il est hors de question que nous perdions le contrôle de la porte !" aboya Hammond. "J'ai cinq équipes coincées là-bas" dit-il en désignant le vide. Il entrevit le colonel qui s'approchait de lui comme un taureau furieux et le visage épuisé du major. O'Neill allait encore prendre la défense de son second. Puis la porte fut entourée d'un halo bleuté que zébraient des éclairs et… "… en tout cas c'est ce que je pense," conclut Daniel. "Et vous ? Qu'est-ce que vous en pensez ?" "Oh, oh," dit Jack en laissant tomber sa cuillère dans ses céréales. Teal'c regarda les fruit loops rebondir sur la table et sur son pantalon, arqua un sourcil et se tourna vers Jack d'un air interrogateur. "Un problème O'Neill ?" "Oui, il y a un problème Teal'c," répondit Carter. "Mon colonel, nous devons tout de suite aller prévenir le général." "Hé Sam, je disais ça comme ça !" s'affola Daniel. "Je ne compte pas mettre ces idées en pratique." "Daniel, ce n'est pas le moment," l'arrêta Jack en bondissant derrière Carter. "Finissez vos pancakes ! Et prenez tout votre temps." "Colonel O'Neill, major Carter, vous vous rendez compte qu'il m'est difficile de vous croire. Vous n'avez jamais mis les pieds sur P4X-639. Dans moins d'une heure nous avons ce briefing et si j'en crois vos notes major, vous avez l'intention d'installer un observatoire sur cette planète." "C'est déjà fait," l'interrompit Jack. "Colonel, vous frisez l'insubordination !" "Le colonel O'Neill a cependant raison mon général. C'est la troisième fois que nous vivons cette journée." "Vous avez en tout cas juste le temps de vous rendre à l'infirmerie pour effectuer un check up. Je veux bien admettre que le major Carter souffre de surmenage, mais vous Jack, cela me semble impossible. Je dois donc en conclure que vous avez été infecté par une quelconque bactérie aliène." "Mon général, non !" s'exclama Jack avec véhémence. "Informez Teal'c et le docteur Jackson que je leur demande de vous accompagner. SG-1 est consigné à la base tant que je n'en aurai pas le cœur net. Le briefing est repoussé sine die." Jack ouvrit la bouche pour protester mais Carter lui posa la main sur le bras et fit un signe de dénégation. Il ferma la bouche et s'assura qu'il avait bien compris. "Mon général, nous y allons immédiatement !" Ils marchèrent un moment en silence. "Carter, qu'est-ce qui se passe ? Je me souviens que nous étions sur P… peu importe. Au plus fort de la tempête magnétique, nous nous sommes retrouvés au mess… Je ne saisis pas." "Moi non plus mon colonel. J'ai besoin de plus de temps pour trouver une réponse." "Non, je veux dire… pourquoi au mess !?" insista Jack. Sam sourit et se tourna vers lui. "Mon colonel, allons chercher Daniel et Teal'c. Nous en reparlerons tout à l'heure." "Très bien ! Très bien ! Parce que c'est bizarre non ? Vous ne croyez pas ? Remarquez, je commençais à avoir un petit creux…" Le major général Hammond posa le rapport du docteur Fraiser sur son bureau et la regarda droit dans les yeux. "Vous voulez me dire que vos analyses sont revenues avec des résultats normaux ?" "Si l'on excepte les tendances du colonel à friser les taux de cholestérol un peu limite, oui, les analyses sont normales. Pas non plus de trace de nanites ou de puces implantées à leur insu. Rien en tout cas que je puisse déceler." "Je devrais donc me faire à l'idée que les élucubrations du colonel O'Neill et de son second ne sont pas des élucubrations ?" "En effet, monsieur." "Je vous remercie docteur." "Mon général ? Si vous me permettez ?" "Faites donc." "Je voudrais vous faire part de quelque chose. D'après ce que m'a dit Sam," elle rougit, " le major Carter, la journée ne se répète pas entièrement. Je veux dire le cycle n'est pas de 24 heures, mais de 13 heures." "Et ?" "Et bien, si nous sommes vraiment coincés dans cette boucle temporelle, cela voudrait dire que nous n'allons pas dormir tant que les techniciens n'ont pas trouvé de solution. Et pourtant, nous en sommes à la sixième boucle si j'en crois Jack et je ne ressens aucune fatigue…" "Je vois," répondit le général qui ne voyait en réalité pas grand chose. "Tenez-moi informé de vos progrès docteur." "Mon colonel !! Je vous ai cherché partout !! Est-ce que vous ne deviez pas aider Daniel pendant que je refaisais mes calculs une dernière fois ?" "Sûrement," dit Jack sans quitter des yeux l'écran de sa game boy. "Seulement, je n'en ai pas envie." "Mais mon colonel ! C'est important, sinon, nous allons rester coincés dans cette boucle temporelle pendant…" "… le temps qu'il faudra, Carter. J'en ai plus qu'assez de l'accusatif et de l'irréel du futur. Ce que je fais pour l'instant est beaucoup plus important." "Je peux vous demander ce qui est plus important que sauver le Terre ?" "Battre mon record à F-zéro X, Carter," répondit Jack d'une voix sourde. "Vous voyez !! Vous m'avez fait rater !" s'exclama-t-il en posant la console sur son bureau. "Carter, j'étais à deux doigts de battre le record mondial !!" "Je…" Il l'arrêta en agitant la main devant son visage et bondit hors de son fauteuil. "Je vous emmène manger quelque chose Carter !" "Je n'ai pas faim mon colonel." "Moi si ! A chaque fois que nous sommes en train de déjeuner nous recommençons une nouvelle boucle et ça me coupe l'appétit. C'est un ordre Carter. Dites-moi où vous voulez aller et c'est comme si on y était !" Jack poussa la porte du diner et s'extasia devant le décor kitschissime et les effluves de friture. "Carter, je me sens revivre ! Tout le savoir-faire américain dans un lieu aussi petit, c'est un pur moment de plaisir. Vous voulez vous asseoir où ?" "Vous ne devriez pas conduire aussi vite mon colonel," le confronta Sam. "Quelle importance ? Si je me tue, demain je serais à nouveau en vie. Je peux faire tout ce que je veux Carter ! Et vous aussi ! Vous n'y aviez pas pensé ? Si sûrement, après tout c'est vous le génie…" "En fait, si, j'y ai pensé mon colonel. Techniquement vous avez raison. Seulement…" elle hésita et lui lança un regard troublé. "Moi je le saurai… je veux dire si je me noie, si je me jette d'une falaise, si je triche au loto, je le saurai, je saurai que je l'ai fait, même si personne ne peut le savoir que moi, et… et je… je ne peux pas mon colonel." Il éclata de rire devant cet aveu. "C'est pas grave Carter ! Moi je m'amuse comme un petit fou ! Allez, on commande !" Sam sirotait son café à petites gorgées, les yeux fixés sur le colonel qui absorbait doughnuts après gaufres, milk-shakes après tartes aux myrtilles. Il arrosa de sirop d'érable une pile de pancakes et les prit à deux mains en mordant dedans comme dans un sandwich. Le sirop d'érable dégoulina le long de ses bras et Sam faillit s'étrangler avec son café. "Mon colonel, vous avez encore faim ?" se risqua-t-elle à demander d'une toute petite voix. "Non, ça va mieux ! " s'exclama Jack en posant les mains sur son estomac. Il lui fit un sourire désarmant. "Si le toubib voyait ce que je mange dans une journée, elle me clouerait sur le premier lit venu avec des perfs de toutes les couleurs pour me sevrer de tout le sucre et de toutes les graisses que j'absorbe depuis que toute cette histoire a commencé !" soupira-t-il en se penchant vers elle avec des mines de conspirateur. "Moi l'inaction, ça me donne faim," s'excusa-t-il. "Vous n'avez pas peur de friser les seuils limite de cholestérol et de glycémie mon colonel ?" "Carter, détendez-vous donc ! On est en train de parler de bouffe, pour l'amour du ciel ! Depuis combien de temps on est coincé maintenant ? Trois semaines ?" il grimaça en la voyant baisser la tête. "Quatre ?!" "Presque six semaines, mon colonel." "Six semaines !??? Et vous n'avez toujours pas trouvé de solutions ?" Il se prit la tête dans les mains. "Six semaines ? Pourquoi est-ce que vous ne m'avez rien dit Carter ? C'est insensé ! Je ne pensais pas que ça faisait si longtemps. Pas étonnant que je sois en train de devenir boulimique. Si j'étais à la place de Daniel, il faudrait un palan pour me sortir du SGC. Bon. Il est plus que temps de prendre les choses au sérieux Carter !" Devant l'air contrit de son second, il se calma instantanément. "Pour commencer, vous allez m'appeler Jack. Ensuite, nous allons nous occuper un peu de nous deux." "De nous deux ?" "Oui je sais que nous avons dit que rien ne devait sortir de la pièce, je sais tout ça." Il lui fit signe de ne pas l'interrompre. "Je mentirais si je disais que je n'ai pas regretté que nous ayons pris cette décision. Mais, j'aurais dû me douter que vous n'alliez pas vous précipiter avec moi dans le premier lit venu," plaisanta-t-il, "même après ce que j'avais… ce que nous venions de dire." "Jack, s'il vous plaît." "Laissez-moi finir, Sam. Nous avons l'opportunité d'essayer. De nous rendre compte si les choses peuvent coller entre nous. Après tout, je pourrais changer d'avis à votre sujet." Il sourit tristement et baissa les yeux. "Qu'est-ce que vous en pensez ?" Son regard accrocha le sien et il la sentit tressaillir quand il posa sa main sur la sienne. "Il faut que je réfléchisse mon.. Jack." "Pas de problème !" s'exclama-t-il d'un ton plus enjoué que nécessaire. "Je vais régler la note. Vous m'attendez à la voiture ?" Sam le regarda se lever et lui tourner le dos pour aller à la caisse. Qu'ils soient coincés dans cette boucle temporelle ne changeait rien à leur situation. Il pouvait bien essayer de prendre les choses à la légère, tout était toujours pareil. Il était son supérieur et elle restait son second. Boucle ou pas boucle. Essayer. Essayer quoi ? Même si les autres ne se souvenaient de rien, eux ils se souviendraient. Jamais elle ne pourrait le regarder en face en mission après avoir eu une relation autre que celle de deux collègues de travail. Il devait bien savoir que c'était la raison pour laquelle elle refusait obstinément d'aller pêcher avec lui. Elle avait totalement confiance en lui. Il garderait ses distances. Elle n'était pas aussi sûre de pouvoir les garder. Se retrouver seule avec lui dans cet innocent diner, c'était le plus loin qu'elle était décidée à aller. Sans parler de la confiance que leur accordait le général Hammond. Il n'avait pas démantelé leur équipe après avoir écouté les bandes de la séance avec Anise. Il pensait qu'ils géreraient cette 'histoire' en adultes responsables. Comment Jack pouvait-il lui proposer une chose pareille ? Elle ouvrit la portière de la camionnette du colonel violemment et un passant se retourna sur elle. Querelle d'amoureux, pensa-t-il en haussant les épaules en la voyant claquer la portière derrière elle avec encore plus d'énergie qu'elle en avait mis à l'ouvrir. Joli brin de fille. L'homme ralentit en se retourna pour l'observer. Il la vit se pencher en avant, sans doute pour mettre en marche l'autoradio. Il entra de plein fouet dans un militaire entre deux âges, très grand, qui l'attrapa par les épaules pour l'empêcher de tomber. Le militaire lui fit un large sourire. Il bredouilla des excuses et se dégagea. Alors c'était ce type qui mettait cette beauté dans un état pareil ? S'il n'en veut pas, je suis preneur. Il jeta un dernier regard à la fille et continua son chemin. Sam alluma l'autoradio mais le lecteur de cd se mit en marche. Elle s'installa de son mieux. Et ferma les yeux. Encore cette chanson ! Daniel avait donné un exemplaire à O'Neill. C'est sûrement de l'amour, ce que je ressens, C'est sûrement de l'amour Oh, c'est sûrement de l'amour, ce que je ressens C'est sûrement de l'amour Mon dieu, c'est bien le moment, qu'est-ce qui m'a pris de vouloir écouter la radio? Tous les jours, je reste là et j'attends, Au cas où tu m'appellerais Je n'en peux plus d'attendre Je n'aurais jamais cru que le temps passerait si lentement Tu te plaignais qu'il ne venait plus te voir, qu'il ne te parlait plus ? Tu as entendu ce qu'il vient de te dire ? Décide-toi Sam. Il a raison. Faire un essai. Sans conséquences. Après tout, pourquoi pas ? Et puis j'en ai tellement envie… Jack monta dans la camionnette et interrompit le cours de ses pensées. Elle ouvrit les yeux et se retourna machinalement vers lui. Il mit le contact et passa la marche arrière sans rien dire. Je pensais que je ne trouverais plus jamais le bonheur Mais je vois bien que c'est toi que j'attendais Tous les jours un peu plus Je sais ce que tu penses Ne me dis pas qu'on te l'a déjà dit Je le sais Mais je sais ce que je ressens au fond de mon cœur Tu sais, je ne vais pas laisser tomber Car je crois que… Ce que je ressens, ça doit être de l'amour "J'ai cru que je ne pourrais plus jamais ressentir ce que je ressens pour vous après avoir perdu Charlie et Sara. Si vous voulez attendre encore Sam, je suis d'accord. Je suis désolé d'avoir parlé de cela à l'instant. Vous me pardonnez ?" Manifestement, il écoutait lui aussi Phil Collins. Il quitta la route des yeux pour la regarder. Elle réfléchissait. Il le voyait rien qu'à ce petit pli sur le nez et cette fossette sur la joue. Les mots ne sont que des mots Je ne sais pas comment expliquer Ce que tu me fais Tu es exactement telle que je l'espérais. Ce que je ressens, ça doit être de l'amour "Je suis d'accord Jack," dit-elle en arrêtant le lecteur. "Faisons un essai." Il appuya sur le frein de toutes ses forces et la camionnette fit une embardée quand il se rangea sur le bas-côté. "Jack !" "Vous n'avez pas dit que vous étiez d'accord ?" "Si mais…" "Vous n'imaginez pas que je vais attendre une minute de plus ?" "… en tout cas c'est ce que je pense," conclut Daniel. "Et vous ? Qu'est-ce que vous en pensez ?" "Si nous reprenions où nous en étions avant d'être interrompus Carter ?" "Exactement ce que j'allais dire," répondit Sam. "Vous venez ? Mes quartiers ou les vôtres ?" "Excusez-moi," demanda Daniel. "De quoi parlez-vous ?" "Tenez Daniel. Allez-y," dit Jack en lui lançant un quarter. "Je prends pile. Et vous Carter ?" Sam s'étouffa sur son toast. "Moi aussi mon colonel." "Allons-y major, le devoir nous appelle !" "… en tout cas c'est ce que je pense," conclut Daniel. "Et vous ? Qu'est-ce que vous en pensez ?" "Rien du tout Daniel. Je ne sais même pas de quoi vous venez de parler." "Etes-vous souffrant O'Neill ?" "Aaaaabsolument pas Teal'c, je ne me suis jamais senti aussi bien. D'ailleurs à ce propos, major, que pensez-vous d'un pique-nique après le briefing de 08:00 heures ?" "O'Neill ne devons-nous pas nous rendre sur P4X-639 ?" "Nous y sommes déjà allés Teal'c. Je vous assure que ça ne vaut pas le déplacement." "Je ne le crois pas O'Neill." "Mais Jack il faut que je rencontre cet archéologue, heu… Malissaï." "Malikaï, Daniel, pas Malissaï. Vous l'avez rencontré Daniel. Je vous jure que vous n'avez pas tellement aimé !" "Je ne l'ai pas rencontré Jack. Nous ne sommes jamais allés sur P4X-639 ! Vous dites ça pour éviter de me répondre ! C'est ça hein ?" "Non." "Si !" "Bon," O'Neill fit signe qu'il abandonnait et haussa les épaules, "vous venez Carter, autant se débarrasser de ce briefing le plus rapidement possible. Je passe prendre George." Sam acquiesça. "Jack ?" s'inquiéta Daniel. "Daniel ? Tout baigne, nous reprendrons notre discussion plus tard. Je vous conseille d'emporter vos pancakes avec vous si vous ne voulez pas rater le briefing." "Désirez-vous de l'aide Daniel Jackson ?" proposa aimablement le Jaffa. "… en tout cas c'est ce que je pense," conclut Daniel. "Et vous ? Qu'est-ce que vous en pensez ?" "Daniel ? Est-ce que vous acceptez d'être mon témoin ?" "Bien sûr," répondit Daniel en se coupant un morceau de pancake. "Votre témoin ?!" "Mon témoin." "Vous… vous allez… vous allez vous marier, Jack ?" "Est-ce que le major Carter n'aurait pas dû être informée, O'Neill ?" "Elle l'a été Teal'c," dit Jack en déposant un baiser sur la main de Sam. " Tu demanderas à Janet si elle est d'accord ma chérie ?" "Ma chérie ?" s'étouffa Daniel. "Je pense que O'Neill a décidé d'épouser le major Carter, Daniel Jackson," expliqua Teal'c. EPILOGUE Voilà. Vous en savez presque autant que moi. Vous admettrez que c'est une bonne idée de leur avoir donné ce cd, non ? Excusez-moi, mais il faut que j'aille me chercher à boire… Vous voulez quelque chose ? Je vais voir, je ne suis pas sûr qu'il en reste. Le champagne, c'est toujours ce qui part en premier. Sam a eu cette promotion, elle est lieutenant colonel. Deux colonels O'Neill à la base, enfin, elle voudra peut-être garder son nom de jeune fille. Ca va nous faire drôle au SGC quand ils vont revenir de voyage de noces. Jack a insisté pour qu'ils aillent passer quelques semaines sur M11J-231. Je ne savais pas qu'il était aussi romantique. Ah mais bien sûr vous ne pouvez pas savoir. Il faut comprendre Moon11J-231. M pour lune. Lune de miel. Vous comprenez ? Non ? Nous sommes des explorateurs pacifiques, ne bougez pas, je vais vous chercher un verre et je vous explique. Vous me promettez que vous ne le raconterez à personne, n'est-ce pas ? Il faut que je vous dise que quand ils ont fait appel à moi, cela faisait des années que la porte…. FIN This Must Be Love (publié sans autorisation) It must be love, I'm feeling This must be love Oh this must be love, I'm feeling This must be love Well I wait in every day, just in case, You decide to call And I can hardly wait, 'cos I never thought time could pass so slowly It must be love, I'm feeling This must be love Oh this must be love, I'm feeling This must be love Happiness is something I never thought I'd feel again, but now I know It's you that I've been looking for And day by day more and more I know what you think, you've heard it before Don't tell me I know But this feeling inside my heart, You know I'm never letting go 'Cos I think that... It must be love, I'm feeling This must be love Oh this must be love, I'm feeling This must be love Words can only say so much It's hard to express The things you do to me You're everything I could ever dreamed you'd be This must be love, I'm feeling This must be love Oh this must be love, I'm feeling This must be love... |