Un si doux visage
                                                                           
           © Xeen (14 novembre 2001)


statut : complet
genre : aventure, S&J romance

disclaimer : les personnages ne sont pas ma propriété, mais celle de MGM, Gekko Productions, Showtime, SciFi Channel etc. Cette fanfiction est écrite pour le plaisir des fans sans contrepartie financière.

*

Les quatre silhouettes se découpèrent dans le rideau miroitant du champ gravitationnel. Elles se déployèrent en éventail devant le cercle de naquadah. Le vortex se referma avec un grondement sourd.
"Carter ?" appela O'Neil comme à son habitude.
"Mon colonel ?"
"Prenez les torches dans le FRED ! Teal'c, sécurisez le périmètre ! Daniel ? Vous êtes là ?"
"Oui, heu… je suis là…" bafouilla l'archéologue.
"Parfait, alors, restez où vous êtes ! A moins que vous ne puissiez m'expliquer pourquoi nous sommes dans le noir ?"
"Heu… Il fait nuit ?"
"Bien vu Daniel ! Major ? Une explication ?"
"Non mon colonel !"
"Et c'est vous la scientifique ?! Pour l'amour du ciel ! Nous n'étions pas censés arriver de jour ? Je sens que je vais haïr cet endroit !" s'exclama O'Neill en grimaçant.
"Il… Il fait jour, mon colonel…"
"Ah ! Je me disais bien aussi !"
"D'après les relevés du MALP, le soleil de cette planète est sur le point de devenir une novae," commenta le major.
"Et ça explique tout, je suppose ?" répondit-il sèchement en tournant sur lui-même, essayant d'éclairer les abords de la porte avec la torche de son P-90.
"Non, pas vraiment. Il devrait éclairer bien plus que ça mon colonel, vous avez raison."
"Je le savais…"
"Ce que je ne m'explique pas, c'est la température."
"Ah bon ! Parce que la température aussi pose un problème ? Il fait très doux, je trouve. Ca ne vous convient pas Carter ? Vous préféreriez un petit moins 20° ?"
"Ce n'est pas ce que je veux dire monsieur."
"Alors une chaleur étouffante ?"
"Mon colonel, cette planète est très éloignée de son soleil," expliqua-t-elle patiemment sans quitter ses relevés des yeux, "et ce soleil est mourant. Il devrait faire froid."
"Enfin une bonne nouvelle !" s'exclama Jack en se tournant vers le Jaffa. "Teal'c, vous avez trouvé quelque chose ?"
"Non, O'Neill. Aucune trace d'occupation goa'uld ni de vie indigène dans un large périmètre. A vrai dire, je n'ai pas obtenu non plus de relevés de vie animale. Ceci est très déroutant."
"Si Carter a raison, il me semble au contraire que c'est normal ! La planète meurt, pas de vie. Point final. On remballe nos petites affaires et on rentre à la maison."
"Ce n'est pas aussi simple que ça, mon colonel," s'interposa Carter. "Comment expliquez-vous les arbres ? Et le reste de la végétation ? Et la brume ?"
"C'est à vous de me le dire major."
"Je n'ai pas d'explication," répondit-elle en baissant la tête pour contrôler les relevés.
"Ce n'est pas votre jour major. Ou plutôt votre nuit ! Daniel ? Vous êtes toujours avec nous ?"
"Oui. Vous venez de me dire de ne pas bouger," protesta le jeune homme.
"Je ne vous ai pas dit de vous taire !"
"Jack, vous…"
"Je propose qu'on rentre à la maison ! A moins que les deux génies ne veuillent absolument faire un herbier."
"… êtes très désagréable aujourd'hui ! Vous n'avez pas déjeuné ?"
"Si Daniel, mais maintenant que vous le dites, je reprendrai bien un petit café."
"Mon colonel !! Je détecte de fortes radiations à environ 10 kilomètres, à 6 heures.
"A 6 heures ? Et bien je suppose que nous devons aller voir ça, Carter. Inutile d'attendre qu'il fasse nuit," ajouta-t-il avec un clin d'œil qui fut perdu pour son auditoire. "Tout le monde a ses visières infra-rouges ? Prenez ce qu'il vous faut sur le FRED, je préfère le laisser ici."
"Mais mon colonel…"
"Aaaahh !" s'écria Jack en étendant les bras et en prenant l'air du grand méchant loup, "vous avez une idée du relief ? Du terrain ?"
"Non monsieur."
"En route ! Le plus tôt nous aurons trouvé la cause de ces radiations, le plus tôt nous serons rentrés. En fait, Daniel, vous avez vraiment raison, je mangerais bien aussi un petit quelque chose !"

*

Quelques clics plus loin, SG-1 marchait toujours à l'aveuglette dans le noir le plus total.
"C'est étonnant. Je ne détecte plus de radiations."
"Vous vous fichez de moi major ! On vient de faire 7 kilomètres en pleine nuit parce que vous ne savez pas lire un compteur Geiger ?"
"Ce n'est pas un compteur Geiger."
"Silence ! Je vous écoute !"
"Jack, si vous lui dites de se taire, elle ne peut pas répondre !"
"Vous ne comprenez décidément rien à l'armée Daniel !"
"J'espère bien !"
"Pardon ?"
"Heu… Je disais : je sais bien…"
"J'aime mieux ça ! Vous aiderez Teal'c à monter le campement. Nous allons nous installer ici en attendant que notre grande scientifique reprenne ses esprits !"
"Pourquoi moi ?"
"Pourquoi pas ?"
"Je l'ai fait la dernière fois !"
"Mauvaise raison, trouvez autre chose.
"O'Neill…"
"Teal'c, un problème ?"
"Mon symbiote est agité.
"Des reetous ?
"Non, je ne le crois pas. Mais il détecte une présence.
"Vous venez de me dire qu'il n'y  pas de vie sur P2X… heu… 987 ?
"P2X-897, mon colonel !
"C'est ce que j'ai dit !
"Non Jack ! Vous avez dit P2X-987.
"Mais non !
"Mais si !
"Mais non !
"Peut-être… Et ça change quoi ?
"Rien.
"Daniel, si vous faites ça pour…
"Mon colonel ! Junior a bien senti une présence," dit Carter prudemment. "Mes relevés indiquent qu'un nombre indéterminé d'individus se dirige dans notre direction."
"… éviter la corvée, c'est raté. Quoi ?! Un nombre… indeterminé ? Vous devriez vous reconvertir dans la politique ! Teal'c ? Vous lisez la même chose ?"
"Pas à ma connaissance O'Neill."
"Vous avez vérifié ?"
"Oui."
"Et junior ?"
"Mon symbiote est de plus en plus agité."
"Ca ne tient pas debout ! Qui a recalibré ses… appareils ?"
"Je les ai vérifié moi-même," dit platement Sam.
"Alors, nous avons un problème…" conclut le colonel. "Daniel, vous n'avez pas entendu quelque chose ?"
"Non. Vous parlez tout le temps !"
"Ecoutez !"
"Je n'entends rien Jack."
"Et vous Carter ?"
"Non, rien."
"Teal'c ?"
"…"
"Teal'c ??"
"Jack !! Teal'c s'est évanoui !" s'écria Daniel en se précipitant vers le Jaffa qui était tombé à terre.
"Je vous l'avais bien dit que nous n'avions rien à faire ici ! Carter ! Il est inconscient ?"
"Oui. Son pouls est régulier. Il respire normalement. On dirait qu'il dort. Je ne comprends pas."
"Ca, vous l'avez déjà dit tout à l'heure major, il faudrait peut-être trouver mieux !"
"Mon colonel, son symbiote essaie de sortir de la poche ventrale !"
"Quoi ! Empêchez-le !! La dernière chose que je souhaite, c'est voir un de ses satanés serpents en liberté !"
"J'essaie, mais la poche est béante. On dirait qu'il est en train de mourir ! Regardez, il est totalement décoloré," ajouta Carter en dirigeant le faisceau lumineux de la torche sur le ventre du Jaffa.
"On laisse tout sur place ! Daniel, venez m'aider."
"A porter Teal'c ?"
"Vous voulez sans doute que je le porte tout seul ? Carter, couvrez-nous."

*

Le colonel O'Neill ralentit l'allure. Il regardait autour de lui d'un air contrarié.
"Vous êtes sûre que nous avons bien pris la bonne direction ? demanda-t-il.
"Affirmatif mon colonel," dit Carter qui s'approchait des trois hommes l'arme au poing.
"Nos poursuivants?"
"Evanouis monsieur."
"Où est la porte ? Attention ! Ne me dites pas que vous n'en savez rien…"
"…"
"Parfait.
"Il faut que je le pose, Jack. Je ne sens plus mes bras," interrompit Daniel.
"Doucement, là… Carter, venez l'examiner pendant que je fais le tour du propriétaire."
"Vous ne devriez pas y aller seul mon colonel," s'interposa-telle.
"Et vous voulez que j'emmène Daniel ?"
"Je viens avec vous !"
"Je viens de vous donner un ordre major ! Vous n'avez pas entendu ?
"Si. Mais si je peux me permettre mon colonel, Daniel peut examiner Teal'c," insista Sam.
"Vous restez ici major, avec Teal'c et Daniel. C'est un ordre."
"Bien, mon colonel."
"Autre chose ?"
"Non, monsieur."
"Parfait, à tout à l'heure," dit O'Neill en s'éloignant à grandes enjambées.
Le major Carter le regarda disparaître dans le brouillard et se tourna vers Daniel d'un air dépité. Elle fit passa la courroie de son arme automatique au-dessus de sa tête, la posa sur le sol à portée de la main et fit signe à Daniel de sortir son arme. Puis elle s'agenouilla auprès du Jaffa et vérifia ses paramètres vitaux.

"Vous êtes sûre que vous ne pouvez rien faire ?"
"Je crains que non Daniel. Le symbiote est vraiment en train de mourir. Le bandage l'empêche de sortir à l'air libre, mais c'est tout. Même si nous étions à la base, je ne suis pas certaine que Janet pourrait le sauver," conclut-elle en se mordillant la lèvre.
"C'est peut-être à cause de la planète que son symbiote va mal…"
"Comme une espèce de marteau de Thor géant ? C'est ce que vous voulez dire Daniel ?"
"C'est exactement ce que je pensais…"
"Mais nous n'avons vu aucun mécanisme, aucune statue, aucun champ d'énergie !"
"Comment expliquez-vous que les radiations aient disparu ?"
"Je ne l'explique pas Daniel. Je me sentirais plus tranquille si nous pouvions emmener Teal'c tout de suite au SGC."
"Donc, on en revient au problème précédent."
"Quel problème ?"
"Où est la porte ?"
"Le colonel va la trouver. Elle ne peut pas être loin. Nous avons marché sur nos pas. Nous sommes partis de la porte en direction du sud-est. Et nous sommes repartis nord-ouest. Nous n'avons pas dû aller assez loin," dit-elle en attrapant son walkie sur l'épaule de son treillis. "Colonel ? Colonel O'Neill ? Vous me recevez ? Carter ici… Colonel ?!"
"Il ne capte pas ?"
"Je n'ai aucun moyen de le savoir."
"Je vais partir à sa recherche."
"Ce n'est pas une bonne idée. Nous devons rester groupés."
"C'est pour ça qu'il est parti tout seul ?"
"C'est contraire à la procédure."
"Ah… La procédure. Je vais ramasser du bois et faire un feu. La lumière le guidera. Vous n'avez pas plutôt des fusées éclairantes ?"
"Si," admit Sam en baissant la tête.
"Et ?"
"Elles sont restées sur le FRED."
"Je vois."
"Mais non Daniel, vous ne voyez rien," l'interrompit la voix du colonel. "Sinon vous n'auriez pas besoin de torches et de fusées."
"Jack ! Où étiez-vous passé ? J'allais partir à votre recherche !"
"Vous Daniel ?"
"Sam m'en a empêché."
"Enfin un peu de bon sens. Et bien, les enfants,  j'ai une surprise pour vous !
"Vous avez trouvé la porte ?
"J'ai trouvé une deuxième porte. A moins que les temples ne se mettent à pousser plus vite que les arbres dans ce patelin.
"Une deuxième porte ?" s'étonna Carter.
"Un temple ?!" faillit s'étrangler Daniel qui était déjà sur ses pieds.
"Oui. Allez, on y va Daniel. Vous préférez les pieds ou les épaules ?
"Je préférerais être rentré. Les épaules…" ajouta-t-il précipitamment devant l'air menaçant du colonel.
"Vous voyez quand vous voulez. Carter, éclairez le chemin, c'est à peine à 150 mètres. Faites attention, je me suis pris les pieds dans je ne sais quoi, le docteur Fraiser ne va pas rater l'occasion de me transformer en colonel de laboratoire à notre retour !"
Le major Carter ramassa son arme et partit dans la direction indiquée par O'Neill en dissimulant un sourire. S'il faisait des blagues aussi idiotes, c'est qu'il ne comprenait pas du tout ce qu'il avait trouvé. Elle lui était reconnaissante de vouloir détendre l'atmosphère. La condition de Teal'c était vraiment préoccupante et la découverte d'une seconde porte ne lui inspirait aucune confiance. En dépit de l'air doux, elle frissonna en repensant à l'Antarctique et accéléra le pas.

*

"C'est gigantesque, mon colonel !
"Et c'est bien un temple… Je connais cette architecture," hésitait Daniel. "Elle n'est pas d'origine terrienne. Mais ça me rappelle quelque chose…"
"Chulak ?" proposa O'Neill en déposant le corps de Teal'c contre le mur.
"Oui ! Exactement !" s'exclama Carter. "C'est incroyable…"
"C'est le temple où nous avions détruit l'élevage ?! En tout cas, il lui ressemble comme deux gouttes d'eau…" dit Daniel qui pénétrait dans le bâtiment.
"Et vous allez voir à l'intérieur ! Faites attention, le passage est trop bas, je dois avoir une sacrée bosse ! On dirait que les moines, enfin quelque soit le nom que vous leur donnez, sont partis en vitesse," annonça le colonel en braquant sa torche sur une table de banquet.
"C'est froid, dit Carter après avoir vérifié. "Il y a de la poussière sur les verres et les bouteilles, mais pas sur la table", commenta-telle. "Ca n'a aucun sens !"
"Les grandes espérances…" murmura Daniel.
Le colonel esquissa un sourire en coin. Le sort de Lady Havisham l'avait effleuré quand il avait découvert l'endroit.
"Et vous n'avez pas vu le plus beau," continua Jack en ouvrant une porte cloutée en bois massif. "Taaadaaa !"
"Une deuxième porte des étoiles ? C'est impossible," murmura Carter en passant les doigts sur le cercle de métal. Elle vibre, on dirait qu'elle est tiède…"
"Vous avez raison Sam, je sens les vibrations dans le sol", murmura Daniel. "Est-ce que vous vous souvenez d'avoir déjà constaté ce phénomène ?"
"Non," répondit-elle platement, le front soucieux. "Mon colonel ?"
"Oui Carter ?"
"Derrière vous."
"Et bien quoi ?"
"Regardez" dit-elle en éclairant le fond de la salle voûtée resté dans la pénombre.
"Mon dieu," murmura l'archéologue.
"Quoi encore ?" répondit le colonel qui se retournait sa torche à l'épaule.
"Le FRED. Ce n'est pas une deuxième porte, monsieur. C'est bien elle que nous avons franchie en arrivant sur P2X-897."
"Quelqu'un a pu l'amener jusqu'ici," proposa le colonel sans conviction en s'approchant de l'engin. Il donna quelque coup de sonde avec son arme.
"Je ne crois pas…"
"Et comment expliquez-vous le temple ? On l'a construit autour en quelques heures ?"
"Il peut s'agir d'une illusion."
"Le temple n'existe pas ? Je vous assure que si major !" répliqua le colonel en braquant la torche sur son visage.
"Oh mon dieu !" s'exclama Daniel.
"Daniel, calmez-vous ! Ce n'est qu'une bosse,"assura-t-il en se tâtant précautionneusement le front.
"Non mon colonel," dit précipitamment Carter en s'approchant. "Je ne crois pas. Vous permettez ?"
"Hé ! Qu'est-ce qui se passe ?" s'écria O'Neill en se reculant instinctivement.
O'Neill se toucha le front d'un air soucieux en faisant une mimique expressive. Une bosse, rien d'autre. Pas de sang. Il observa le visage de son second. Elle avait l'air de quelqu'un qui avait vu un spectre.
"Est-ce que je peux toucher mon colonel ?
"Mais toucher quoi Carter ? Mon front ? J'ai pris un mauvais coup mais de là à…"
"Je ne me suis pas cogné en entrant dans le temple Jack," dit Daniel.
"Oui ! Mais vous êtes plus petit que moi, c'est normal."
"Vous non plus vous ne vous êtes pas cogné la deuxième fois," insista Daniel.
"J'ai fait attention !"
"Je ne pense pas que vous vous soyez cogné mon colonel, je vous en prie, laissez-moi vous examiner," insistait le major.
"Si vous y tenez…"
Le colonel se raidit et regarda dans le vide. Sam posa doucement la main sur son front et tâta la protubérance. Il ferma les yeux, pris dans le faisceau de la lampe. Elle baissa la torche et soupira, guettant la réaction de l'archéologue. Il fit un signe de tête. Apparemment, ils voyaient tous les deux la même chose. O'Neill rouvrit les yeux et les interrogea du regard.
"Alors ? Satisfaite ?"
"Pas vraiment mon colonel."
"Crachez le morceau Carter ! Ou vous n'êtes pas près de poser la main sur moi !" s'écria-t-il en guettant sa réaction. Il en fut pour ses frais.
"Je crois qu'il va bien falloir mon colonel ou Daniel devra le faire. Pouvez-vous ouvrir votre veste et votre chemise, monsieur ?""
"Carter ? Vous êtes dingue !"
"Non Jack, elle a raison, j'y ai pensé aussi."
"Mais vous ne voulez rien me dire ? Je vous préviens, je ne vais pas vous faire un remake de The Full Monty," cracha Jack en posant sa torche et ses armes, "même si vous me mettez de la musique d'ambiance."
Il jeta sa veste sur le sol et ôta son sweater qui suivit le même chemin. Il tira sur son tee-shirt pour le faire sortir de son pantalon de treillis et le souleva à hauteur du thorax. Daniel hoqueta. La bouche de Sam s'arrondit et elle murmura un juron.
"Alors quoi, cette fois ?" dit Jack en essayant de voir son estomac. "Est-ce que vous allez me dire ce qui se passe ?" répéta-t-il en posant la main sur sa peau nue.
"Heu… Oui… Quelle impression ça vous fait d'être un Jaffa, Jack ?" hasarda Daniel en reculant prudemment.
"Un Jaffa ?? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ! Vous hallucinez Daniel !"
"Alors nous sommes deux mon colonel," asséna Sam qui reprenait ses esprits.
"Vous êtes cinglés !" s'écria Jack en se tapant sur le ventre avec le plat de la main. "Je n'ai rien !! Pas de symbiote ! Pas de poche abdominale ! C'est ce que vous voyez ?" dit-il avec inquiétude. "Ca n'a aucun sens…"
"Je crois que nous devrions voir si Teal'c est toujours là," dit Sam en se précipitant.
Jack la regarda sortir. Il se baissa pour récupérer sa torche et l'alluma aussitôt. En voyant le visage bouleversé de Daniel, il commençait à douter.
"Allons voir Daniel. Vous n'avez pas repéré un miroir quelque part ?"
"Je… Je ne me souviens pas. Je n'ai pas fait attention," balbutia Daniel.
"Ne restons pas là, ça ne me dit rien de savoir Carter toute seule."
"Je vous suis."
"La confiance règne," bougonna Jack.
Ils retrouvèrent les deux membres de l'équipe à l'extérieur du temple. Sam avait ôté la large bande qu'elle avait enroulée autour du Jaffa. Elle lui palpait l'abdomen avec une expression indéchiffrable sur le visage. L'archéologue s'approcha, s'agenouilla à ses côtés et braqua le lampe sur Teal'c. Il tendit la main et palpa à son tour le Jaffa.
"Comment est-il ?" interrogea Jack qui ne pouvait pas voir Teal'c.
"Il va bien," répondit Daniel sans se retourner. "Si l'on considère qu'il n'a plus ni son symbiote, ni même la poche susceptible de l'accueillir et que son tatouage a disparu."
"C'est comme si vous aviez échangé vos identités mon colonel," ajouta Sam d'une voix étrange.
"Carter ?
"Oui mon colonel," répondit la jeune femme de la même voix métallique. "Je ne peux pas expliquer le phénomène, je suis désolée. Il n'a pas l'air d'en souffrir."
"Daniel ? Vous ne remarquez rien ?"
"Je pense que si," dit aussitôt l'archéologue d'un air las. "Sam ? Vous voulez bien me regarder s'il vous plait ?"
Sam se releva et secoua la tête, agacée. Elle fusilla du regard ses deux compagnons. Ils reculèrent d'un même mouvement devant les yeux qui s'étaient mis à briller.
"Bon ! Ca suffit !! Je crois qu'il est tant de rentrer avant que nous nous mettions tous à voir des éléphants roses. Pourtant je n'ai bu que du café ce matin !"
"Daniel ? Mon colonel ? Qu'est-ce que vous voyez ?"
"Je ne sais pas si vous avez envie de le savoir Sam."
"Jolinar ?"
"Oui," répondirent les deux hommes en même temps.
"Mais je ne ressens même pas sa présence. Jolinar de Malk'Shur est morte !" s'écria-t-elle les yeux flamboyants.
"Ce n'est pas ce que j'entends, ni ce que je vois Carter !
"Pour une fois, je suis d'accord avec vous Jack.
"Attendez, vous croyez que je suis un Goa'Uld ?" dit Sam en écartant les bras et en tournant sur elle-même.
"Maintenant que vous le dites… OUI !" répliqua O'Neill embarrassé. "Vous êtes un Gould ! Ou alors, c'est bien imité !"
"Laissez-moi réfléchir !"
"Tant que vous ne m'approchez pas, vous pouvez réfléchir aussi longtemps que vous voulez major !
"Daniel et moi, nous vous voyons transformé en Jaffa. Nous voyons tous les trois que Teal'c n'est plus un Jaffa," commença-t-elle plus pour elle-même que pour ses compagnons.
"Et Jack et moi sommes persuadés que vous êtes un Goa'Uld," conclut Daniel.
"Et Teal'c ne voit rien parce qu'il est dans les bras de Morphée", grimaça Jack.
"Exactement," sourit Sam. "Comment se fait-il qu'il ne soit rien arrivé à Daniel ?"
"Heu… Très bonne question !"
"J'ai failli devenir le primat d'Hathor. Vous avez porté le symbiote de Jolinar. Mais jamais Teal'c n'a été… humain…"
"Si mon colonel !"
"Je vous disais bien que je ne recevais pas tous mes mémos !"
"Pourtant vous étiez bien placé !"
"… ???"
"Machello !" s'exclama Daniel.
"Vous voulez dire quand Teal'c s'est retrouvé dans mon corps ? Ca, ça ne compte pas !"
"Apparemment si !"
"Admettons. Je ne vois pas où vous voulez en venir."
"C'est limpide Jack !! Si cette planète a été "minée" par Machello…"
"Minée ?" demanda Jack.
"Piégée, visitée, appareillée… Peu importe ! On peut imaginer que vous trois êtes victimes de cet appareil !" s’emballa Jackson.
"Qui générerait des temples jaffas ? Et plongerait Teal'c dans le coma ?" demanda Jack.
"Il peut s'agir d'une illusion," dit Daniel.
"C'est vrai que je me sens comme d'habitude…"
"Moi aussi, mon colonel."
"Mais le temple ? Il m'a l'air bien réel," dit Jack en se touchant le front. "Vous êtes sûr qu'il s'agit de quelque chose sur P2X… machin-chouette ?"
"A 99% monsieur !"
"Donc on ne risque pas de revenir avec une saleté aliène à la base ?"
"A priori non."
"Bien, alors on rentre, c'est ce qu'on aurait dû faire dès le début. C’est bien ce que j’avais dit. Daniel, aidez-moi à porter Teal'c. Carter, allez composer l'adresse."
"Je crois qu'il va falloir qu'on trouve une autre solution mon colonel."
"Ah, je me disais aussi ! Le major Carter ne discute pas mes ordres, c'aurait été une première," soupira dit Jack en aidant Daniel à déposer Teal'c sur le sol. "Carter, je suis fatigué, allez droit au but !"
"Mon colonel, j'ai peur que le DHD n'ait disparu.
"Génial ! Je savais bien que j'allais détester cet endroit ! Bon, puisqu'on est coincé, je prends le premier quart. Major, essayez de trouver un endroit où dormir. Faute de mieux, je propose qu'on reste à l'intérieur de ce temple. Nous récupérerons les tentes demain. Sans DHD, on aura tout le temps de s'organiser. Il va bien finir par faire jour !
"Je ne crois pas mon colonel."
"Continuez donc à remonter le moral des troupes Carter."
"Excusez-moi."
"Pas grave."

Pendant que Sam et Daniel sortaient une civière en aluminium du FRED et installaient le camp de base à proximité de la porte, Jack se posta à l'entrée du temple. Aucune brise ne faisait bouger les arbres et la brume empêchait toute visibilité. Il se cala contre le mur, releva son col, abaissa la visière de sa casquette  et essaya de ne penser à rien. Il vérifia minutieusement ses armes, grenades et autres couteaux d'assaut et, satisfait, commença sa garde, la main posée sur sa ranger, contre son couteau.

*

Daniel s'était endormi comme une masse. Carter entendait le souffle régulier de son compagnon qui résonnait dans la salle. Elle vérifia le pouls de Teal'c en posant les doigts sur sa carotide et se mit à explorer son abdomen à tâtons. Elle avait espéré que l'illusion serait temporaire. Aucun changement. Elle soupira et retourna s'allonger. Elle buta contre son fusil mitrailleur et le bruit de l'arme qui touchait le sol avec fracas se répercuta sous la voûte en pierre. Daniel se retourna en marmonnant dans son sommeil. Excédée, elle se releva et partit rejoindre le colonel O'Neill à l'extérieur.
"Vous savez que n'importe quel bon militaire se doit de dormir sur commande," dit Jack à voix basse sans se retourner.
"Comment saviez-vous que c'était moi mon colonel ?"
"Daniel se déplace comme un rhinocéros."
"Un rhinocéros ?"
"Un éléphant, un sanglier…"
"Je vois," murmura Sam un sourire dans la voix.
"Ne me regardez pas Carter. Le son de votre voix me glace le sang et je ne veux surtout pas voir vos yeux."
"Je suis désolée, j'avais oublié. Vous voulez que je vous laisse ?"
"Ca ira pour cette fois."
"Vous savez ce n'est pas facile pour moi non plus. Ce tatouage sur votre front, c'est très bizarre."
"Je croyais que les femmes aimaient bien ce genre-là ?" dit O'Neill d'un ton badin.
"Ce genre-là ?"
"Et bien oui, vous savez bien ! Des hommes, des vrais, des tatoués…" continua O'Neill.
"Oh ! Ce genre ?" sourit Sam, heureuse que la pénombre cache le rose sur ses joues. "Ce n'est pas mon truc."
"Et c'est quoi votre truc Carter ?" insista O'Neill qui était bien conscient de s'engager en terrain glissant. "Les civils ?"
"Je ne pense pas que le récit de ma vie privée présente un quelconque intérêt monsieur," répondit-elle d'un ton sec.
"C'était juste histoire de faire la conversation. Ne le prenez pas mal, major, mais tous les hommes de la base, tous les célibataires en tout cas, fantasment sur vous, et j'imagine que vous vous en êtes rendu compte... Un femme de votre âge est rarement *toute seule*. Je me disais que vous deviez avoir un petit ami à l'extérieur. En toute discrétion. Enfin, c'est juste comme ça Carter, histoire de parler…"
"Je… Non."
"Non ? Ah bon."
"Je pourrais vous dire la même chose mon colonel."
"Vous savez bien que je ne *vois* personne Carter."
"Je voulais dire que toutes les femmes de la base sont jalouses de moi," expliqua-t-elle en riant.
"Vraiment ?" murmura Jack avec de l'étonnement dans la voix. "Mais nos relations sont strictement professionnelles…"
"Moi je le sais. Mais les bruits qui circulent disent le contraire. Et encore il ne s'agit que de ceux dont j'ai entendu parler. J'en discutais avec le docteur Fraiser l'autre jour, l'imagination est au pouvoir dans la base mon colonel, vous n'avez pas idée des rumeurs qui…."
"Vous parlez de moi avec le docteur ?" l'interrompit-il. "Je suis flatté," conclut Jack sans lui laisser le temps de répondre. "Je plaisante !" ajouta-t-il aussitôt en la voyant se raidir.
Décidément ce n'était pas son fort. Il fallait toujours qu'il mette les pieds dans le plat et qu'il gâche tout. Il essaya de voir son expression, mais il faisait trop sombre. Le silence s'installa. Jack se demandait bien de quels bruits parlait son major. Il faisait des efforts désespérés pour dissimuler son sentiment pour la jeune femme et néanmoins, lui et son second alimentaient les ragots de la base. C'était bien le comble ! Il scruta une nouvelle fois les environs et se surprit à imaginer leurs vies s'ils restaient bloqués sur ce monde à des années-lumière de la Terre.
Le souvenir de Laira remonta à la surface. Il voulait bien admettre que la jeune femme lui manquait. C'était une compagne intelligente et dévouée… mais elle n'était pas Sam. Et puis jamais il n'avait cru revoir un jour la Terre. Sans la ténacité de Carter et de Teal'c…
A la pensée à son ami inconscient, il secoua doucement la tête et chassa les images qui affluaient. Le poids du corps de Carter sur son épaule le fit revenir à la réalité. La jeune femme s'était endormie. Il repoussa une mèche qui lui cachait le visage et caressa sa joue. Il distinguait à peine ses traits. Mû par une impulsion irraisonnée, il effleura ses lèvres de son pouce. Il sentit une vague de désir envahir ses reins et retira sa main. Mais le mal était fait. Le major se pelotonna contre lui en murmurant dans son sommeil. Son bras venait entourer tout naturellement la taille de Jack et ses cheveux lui chatouillaient le menton.
Il tenta de garder son sang-froid et inspira en fermant les yeux. Il fallait qu'il se dégage sans la réveiller. Il souleva le bras qui l'enserrait et commença à se déplacer sur le côté en la maintenant assise. Il réussit à poser sa tête sur sa jambe et enleva sa veste. Elle se mit à bouger et il s'immobilisa sans respirer. Il plia la veste et la glissa sous sa tête. Puis il roula sur lui-même.
Mission accomplie.
Sam dormait toujours. Soulagé, il s'allongea à côté d'elle pour la regarder dormir. Elle souriait dans son sommeil. Satisfait, il voulut se remettre sur ses pieds mais il s'empêtra dans la sangle de son arme et des pierres se mirent à rouler. Carter ouvrit les yeux.
"Rendormez-vous Sam, ce n'est rien. J'ai fait tomber mon arme," dit Jack sans oser bouger.
"Je… Je me suis endormie."
"Oui."
"Je rêvais."
"Sûrement."
"Je rêvais que nous étions à la base."
"Nous allons rentrer Carter. Vous trouverez bien un moyen de nous faire rentrer n'est-ce pas ? Vous y êtes toujours parvenue. Sinon, il suffira d'attendre qu'on nous envoie une sonde. Dans…. Moins de 36 heures," affirma-t-il en consultant le cadran lumineux de sa montre.
"Je sais. Mais vous êtes conscient que nous ne pourrons pas rentrer ni renvoyer la sonde ?"
"Dormez ! Je veille sur vous," dit Jack sans répondre.
"Merci mon colonel. Je suis désolée."
"Désolée de quoi Carter ?"
"D'avoir perturbé votre garde," balbutia Sam. Ses yeux se mirent à luire dans le noir.
"Ne faites pas ça Carter ! Pas les yeux !" gémit Jack en la prenant dans ses bras. "Je ne veux pas revivre ça !"
"Jolinar ?"
"Oui," répondit-il en la serrant contre lui.
"Jack ?"
"Oui ?"
"Vous me faites mal."
"Oh ! Excusez-moi, je ne sais pas ce qui m'a pris," s'exclama le colonel.
Il relâcha son étreinte et scruta son visage dans le noir. Les yeux ne luisaient plus. Il se recula mais Sam s'agrippa à la manche de son sweater et le tira vers elle.
"Mon colonel ? Vous savez, toutes ces rumeurs… Tous les jours, je me dis que le général va nous convoquer dans son bureau."
"C'est à ce point Carter ?"
"Oui. Alors, je me disais…"
"Ce n'est pas une bonne idée Sam."
"Ce n'est certainement pas une bonne idée, mon colonel. Mais j'en ai très envie."
"Carter ! Vous êtes sûre d'être réveillée !?" protesta Jack.
"Je suis sûre que Daniel dort," dit-elle à mi-voix en le regardant droit dans les yeux.
"Vous parlez de lui comme du gamin qui va entrer en coup de vent dans la chambre de ses parents parce qu'il a fait un cauchemar," plaisanta Jack qui ne l'avait pas lâchée. Il sentit ses résolutions faiblir.
"C'est l'idée générale, mon colonel."

Jack entendit son sourire. Il leva la main gauchement et fit glisser les cheveux de Sam derrière son oreille. Il descendit lentement la main le long de son cou et la sentit qui frémissait à son contact. Une onde de chaleur parcourut son ventre et il ne pût maîtriser un tressaillement. Doucement, il approcha son visage du sien et effleura sa bouche. Elle répondit à son attente en entrouvrant les lèvres. Son souffle tiède se mêla au sien. Elle fit courir sa langue sur les contours de sa bouche et il pensa que jamais il n'avait cru possible que ce moment arrivât enfin. Il se rapprocha pour l'embrasser mais elle se déroba et se mit à explorer son visage, ses oreilles et son cou avec sa langue. Elle avait mis les mains sous son sweater et caressait son dos et ses reins à travers le tee-shirt. Il se redressa à demi et enleva le vêtement d'un geste brutal avant de la reprendre dans ses bras. Elle se colla à lui en continuant de lui caresser le dos et les fesses. Il chercha sa bouche et l'embrassa fébrilement. Sam répondit avec fougue, les yeux fermés, de peur que Jolinar ne le fasse renoncer. Jack glissa sa jambe entre ses cuisses et elle gémit sans interrompre leur baiser. Elle respirait bruyamment, manquant d'air, la bouche emprisonnée dans celle de Jack qui aspirait sa salive et sa langue. Elle saisit la boucle de la ceinture, fit glisser la fermeture éclair et tira sur le tee-shirt à deux mains sans lâcher sa bouche…

*

Teal'c ouvrit les yeux et chercha à s'orienter dans le noir. Il entendait le souffle régulier d'un dormeur et sentait la vibration qui se transmettait à l'armature de métal. Il tâtonna et identifia le montant en aluminium de la civière. Il essaya de se remémorer les dernières heures. La détresse de son symbiote, la nuit sans fin, la marche… le néant. Il toucha son abdomen et glissa la main à l'intérieur de la poche. Le symbiote était calme. Il se leva souplement et se dirigea vers le dormeur.  C'était Daniel. Où étaient passés O'Neill et le major Carter ? Pourquoi le chapaa'aï se trouvait-il dans cette salle ? L'avaient-ils transporté sur un autre monde ? Il passa la lourde porte en se penchant légèrement détailla la deuxième salle. C'était un temple. Un temple comme ceux de Chulak. Ses sens aiguisés par son symbiote, il vit la table abandonnée et les ornements de la salle. Pas de trace de O'Neill.
Inquiet, il sortit du temple. La brume était toujours là, l'obscurité, le silence, les arbres. Aucun bruit indiquant la présence de ses deux compagnons. Ses yeux s'étrécirent quand il entendit un cri rauque. Il se tint un moment immobile devant la porte du temple et partit en courant en direction du cri. Son élan fut brisé net par un rire de femme cristallin. Un sourire éclaira brièvement son visage et il retourna à l'intérieur.
O'Neill avait tort. Il allait adorer ce monde finalement.

*

Sam se réveilla et sentit un souffle sur ses cheveux. Le souvenir de la nuit précédente lui revint immédiatement en mémoire.
"Bien dormi Carter ?"
"Très bien mon colonel. Et vous ?"
"C'est la meilleure nuit que j'ai passé depuis… très longtemps Sam," dit-il en l'embrassant doucement. "Venez. Nous devons réveiller Daniel."
"Mon dieu ! J'avais complètement oublié Daniel… et Teal'c !" dit-elle en s'habillant rapidement sous le regard appréciateur de Jack. "Mon colonel ? Il fait jour ?!"
"Oui, depuis quelques heures."
"Vous n'avez pas dormi du tout ? "
"Non, je ne crois pas," répondit le colonel en s'étirant.
"Mon colonel, je suis heureuse que…"
"Moi aussi Carter. Vous avez retrouvé votre voix ?"
"Je ne sais pas…"
"Et vos yeux ne brillent plus…"
"Vous n'avez plus de tatouage sur le front ! Laissez-moi…" ajouta-t-elle en glissant les mains sous son tee-shirt.
"Carter, je me demande si ce que vous faites est très réglementaire," se moqua gentiment Jack en l'embrassant.
"La poche a disparu."
"Excellent. Si Teal'c a fait du café, ce sera le début d'une belle journée Carter !"

*

Daniel suffoquait. Il sentait son cœur s'affoler dans sa poitrine, puis ralentir à l'excès. La vue brouillée, il distinguait des lumières vives et le bip régulier d'un appareil médical lui parvenait dans un brouillard. Quelqu'un lui prit la main et la serra. Dans le lointain, il entendait la discussion que deux femmes avaient à voix basse. Il se mit à tousser et tendit la main vers la lumière.
"Daniel Jackson ? Allez-vous bien ?"
"Teal'c… Je… Heu, je crois que j'étais en train de rêver."
"Il semblerait en effet. J'ai pris la liberté de vous réveiller. Vous sembliez avoir des difficultés à respirer…"
"Oui. Je crois que je rêvais que j'étais dans le corps de Machello. Brrrr…
"Je ne peux pas trouver le DHD. C'est très inhabituel. A ma connaissance, rares sont les mondes dépourvus de cet appareil. Je me rappelle pourtant l'avoir vu distinctement à notre arrivée."
"Teal'c, je dois dire que j'espérais que vous auriez une explication."
"Je n'en ai pas Daniel Jackson."
"Où sont les autres ?"
"Ils montent la garde à l'extérieur du temple. Ce temple est une illusion. Il apparaît que l'on puisse traverser certains murs. Avons-nous la certitude que cette porte est bien celle que nous avons empruntée ?"
"Le FRED est là…"
"Il aurait pu être déplacé."
"En effet, je crois que nous n'avons pas envisagé cette possibilité. Nous avons été pris en chasse alors que vous étiez inconscient et nous avons agi dans la précipitation."
"Cela semble contraire à la manière dont O'Neill et le major Carter procèdent," remarqua Teal'c.
"Tout est bizarre sur cette planète Teal'c. Sam est redevenu un Goa'Uld et… et bien Jack est un Jaffa… Quant à vous, je suis désolé de vous le faire remarquer, mais vous n'avez plus ni tatouage ni larve !"
"Je ne crois pas Daniel Jackson," assura Teal'c en posant la main sur son abdomen. "Mon symbiote est en parfaite condition. Il apparaît que la raison de son agitation ultérieure ait disparu ou que nous nous soyons éloignés de la source du problème."
"Pas du tout Teal'c, je vous assure que je ne peux pas voir votre tatouage… ni le toucher," dit Daniel en joignant le geste à la parole.
"En est-il de même pour O'Neill et le major Carter ?
"Oui. Ils ne voient pas leur transformation. Ca fait froid dans le dos."
"Votre cauchemar paraissait-il réel Daniel ?"
"Extrêmement réel Teal'c," dit Daniel en frissonnant. "Quand vous êtes-vous réveillé ?"
"Il y a quelques heures. J'ai préféré vous laisser dormir. O'Neill monte la garde. Le major Carter l'a rejoint à l'extérieur du temple. Vos rêves l'empêchaient sans doute de dormir."
"Sans doute."
"J'ai fait le tour de l'endroit et je suis certain que nous sommes tous l'objet d'une hallucination," déclara Teal'c.
"Provoquée par quoi ?"
"Je ne saurais le dire."
"Aucune trace de nos poursuivants ?"
"Non Daniel Jackson. Pas dans la limite du périmètre que j'ai observé," conclut Teal'c.
"Bien sûr, bien sûr… Je me demande si vous n'avez pas raison Teal'c. Je remarque des fluctuations dans les murs. Comme s'il s'agissait d'un hologramme !
"Il ne s'agit pas d'un hologramme, les parois sont remarquablement résistantes.
"Vous avez raison tous les deux," les interrompit Carter. "Je dirais qu'il s'agit plus d'un camouflage. Il y a bien un bâtiment, mais il n'est pas tel que nous le voyons. Je n'ai pas encore trouvé quel appareillage le fait fonctionner mais je suis sûre qu'il ne doit pas être loin. Comment vous sentez-vous Teal'c ?"
"Très bien major Carter."
"Sam ! Votre voix ?" s'étonna Daniel.
"Oui, le colonel me l'a dit. Il s'en est aperçu tout à l'heure."
"Et Jack ? Il est redevenu normal ?"
"Absolument ! Je l'ai examiné,"dit Sam en rougissant, "aucune trace de symbiote."
"Et nos poursuivants ?"
"Volatilisés. A croire qu'ils n'ont jamais existé !"
"Je ne comprends pas major Carter."
"Moi non plus Teal'c," dit Jack en entrant dans la salle à son tour. "Mais ce n'est pas nouveau. Je vous signale qu'il fait jour et que la température est d'environ 25°. Malheureusement, il n'y a toujours aucune trace de vie animale. Espérons que nous trouverons des baies ou des plantes comestibles. Nous allons devoir nous organiser. Teal'c croyez-vous possible que nous puissions maintenir le vortex ouvert quand la sonde sera envoyée ?"
"Non, O'Neill."
"De toute façon, quelqu'un devra rester à proximité de la porte pour attendre que le SGC se manifeste et envoyer un message. Il suffira qu'ils nous fassent parvenir votre truc au naquadah pour rouvrir la porte de notre côté, Carter, et hop !" conclut O'Neill.
"Monsieur, vous oubliez que nous l'avons abandonné lors de l'une de nos missions. Celui sur lequel je travaille à l'heure actuelle ne fonctionne pas encore…"
"Bon passons aux bonnes nouvelles alors ! Teal'c vous êtes redevenu normal ?"
"Je l'ai toujours été. Je me suis juste endormi."
"Je vous assure que mes épaules ne voient pas les choses sous cet angle ! J'ai l'impression qu'un semi-remorque m'a roulé dessus," marmonna Daniel. "Et il n'est pas normal ! Il n'a pas de tatouage !"
"Daniel ?" dit Sam en s'approchant, "vous me voyez toujours en Goa'Uld ?"
"Oui. Et je vous assure que Jack fait un jaffa très impressionnant !"
"C'est incompréhensible," dit Sam en fronçant les sourcils.
"Vous m'ôtez les mots de la bouche Carter. Quelqu'un est en train de jouer avec nous, et je n'aime pas ça, répliqua O'Neill d'un ton sec. "Sortons d'ici pour commencer. Profitons de la lumière du jour pour explorer ce qui doit être exploré ! Daniel, vous restez là ! Préparez donc du café et des rations. Nous en avons pour une heure tout au plus !"
"Mais…"
"Pas de mais ! Vous surveillez la porte," dit Jack d'un ton sans réplique en tournant les talons, suivi de Teal'c et de Carter.

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