L'ACT* accorde un terrain à une secte controversée

Norman Abjorensen Canberra Times (une du 2 mars 1997)

Une secte religieuse d'origine japonaise, sous le coup d'enquêtes dans plusieurs pays, a reçu un hectare d'une terre de première qualité à Canberra pour y établir son quartier général national.

Selon les autorités gouvernementales de l'ACT, les documents accordant l'utilisation de la terre située à Holder ont été signé avec l'organisation Sukyo Mahikari au mois de décembre.

L'annonce officielle devrait être faite le week-end prochain lors d'une réunion nationale des membres de la secte à Canberra.

Selon certaines sources, les autorités impliquées dans cette affaire n'étaient pas au courant des enquêtes menées sur les activités de Sukyo Mahikari.

Une commission parlementaire belge est occupée à examiner les activités de la secte là-bas et plusieurs autres pays européens ont également commencé à passer la secte au peigne fin.

A Singapour, les autorités examinent le statut fiscal de la secte, qui est considérée comme une oeuvre de charité, pour savoir si les fonds n'ont pas été "évadés" à l'étranger.

Le responsable de Sukyo Mahikari en Australie, Dr Andris Tebecis, récemment revenu d'une visite en Afrique du Sud où, selon lui, la secte a reçu la bénédiction du président Nelson Mandela, s'est déclaré surpris des accusations formulées par d'anciens membres.

Le Dr Tebecis a déclaré que l'organisation semblait la cible d'une vendetta. "Nous comptons parmi nos membres beaucoup de personnes éminentes de la vie publique, moi-même je suis membre du Rotary".

Le Dr Tebecis a déclaré qu'il ne pouvait pas comprendre pourquoi d'anciens membres, comme l'ex-numéro deux, Garry Greenwood, un ancien photographe de Canberra, peuvent prétendre que l'organisation est antisémite.

M. Greenwood a publié un livre largement répandu sur Internet, "Les Hommes de l'Empereur", affirmant qu'il s'agissait d'une sinistre organisation raciste dont les pratiques financières étaient très douteuses.

"C'est insensé d'affirmer que nos enseignements sont basés sur les soi-disant Protocoles des Sages de Sion," a déclaré le Dr Tebecis. "Je suis certains que la plupart de nos membres n'en ont jamais entendu parler."

Le Dr Tebecis a dit ne pas vouloir s'engager dans une polémique avec les opposants à Mahikari, mais il a insisté sur le fait que Sukyo Mahikari prônait la paix et l'unité des pensées religieuses, pas la division.

"Je ne pense pas qu'il soit possible de nous accuser d'antisémitisme, car nous comptons de nombreux Juifs parmi nos membres, et même un rabbin de Melbourne. "Nous sommes compatibles avec toutes les religions et je pense que la composition de nos membres en est le reflet".


(Première page de la section dominicale avec de grandes photos en couleurs de Keishu Okada et de Yoshikazu Okada)

LES SECRETS D'UNE SECTE DE LA FIN DE MONDE

Une organisation qui croit dans le droit du Japon à une souveraineté mondiale a reçu un coup de pouce de l'ACT. Norman Abjorensen

Une secte religieuse japonaise du culte de la fin du monde, qui fait l'objet d'enquêtes approfondies dans plusieurs pays, a reçu du gouvernement de l'ACT une parcelle de terrain aux dépends des contribuables australiens.

La secte, connue sous le nom de Sukyo Mahikari, prône, derrière une façade d'illumination spirituelle bénigne, une doctrine basée sur la domination du monde et la vénération>de l'empereur du Japon. Elle est également profondément antisémite, tirant une partie de ses enseignements des fallacieux et discrédités Protocoles des Sages de Sion. Plus banalement, elle a aussi des liens avec une société en faillite dans laquelle les membres ont été encouragés à investir et y ont perdu leur argent.

Sukyo Mahikari (Organisation Supra-Religieuse de la Lumière de Vérité) jouit du statut d'oeuvre de charité religieuse en Australie en tant qu'organisation à but non lucratif et est ainsi exonéré de l'impôt sur le revenu.

De nombreuses personnes qui ont quitté la secte se sont plaintes des pressions constantes pour faire des offrandes qui sont toutes envoyées au Japon où des quartiers généraux somptueux ont été construits.

Selon d'anciens membres, dont certains occupaient un poste important dans l'organisation, des fonds non taxés de l'ordre de centaines de milliers, voire de millions de dollars, ont été transférés au Japon.

Le total des membres australiens, estimés à environ 2.000 (dont plusieurs centaines à Canberra), est en chute libre, surtout en raison d'un exode des membres déconcertés par les liens avec la secte Aum Vérité Suprême, responsable de l'attaque au gaz mortelle sur une station de métro japonaise il y a deux ans. Les deux sectes partagent la même vue du monde basée sur les Protocoles et croient que la fin du monde est proche.

Sukyo Mahikari Australia Ltd est enregistrée en tant qu'association à but non lucratif dont l'activité principale, en vertu de statuts de l'organisation, est "la conduite et le maintien de la vénération religieuse".

La secte est riche de biens immobiliers, fait inconnu de nombreux de ses membres, provenant surtout des personnes des classes moyennes. Selon certains documents, elle possède plusieurs milliers d'hectares de terre dans la Nouvelle-Galles du Sud et notamment une propriété rurale près de Canberra.

Un important membre de la secte de Perth, qui a perdu un tiers de ses membres au cours des 12 derniers mois, avait déclaré avec orgueil qu'aucun récit sur la secte ne serait jamais rendu public. Il n'a pas voulu faire de commentaires.

Un important membre de Sukyo Mahikari est Jo Court, la femme du Premier Ministre de l'Australie Occidentale, Richard Court. Selon les membres de la secte de Perth, celui-ci a accompagné sa femme à de nombreuses réunions au centre de la Second Avenue, Mount Lawley.

Une enquête menée auprès du bureau de M. Court au sujet de la secte n'a pas reçu de réponse (Le journal West Australian a rapporté que le 18 février 1994 le bureau du Premier Ministre avait confirmé l'appartenance de Mme Court à la secte, mais avait ajouté que ce n'était pas les affaires du journal).

Les nouveaux membres sont introduits lentement à la philosophie de la secte. Par exemple, on ne leur dit pas que Sukyo Mahikari est basé sur le concept du droit de l'empereur japonais à être le dirigeant suprême du monde. On ne leur parle pas non plus du droit impérial du Japon à la souveraineté mondiale, concept basé sur la notion que le monde appartenait au Japon dans les temps anciens. Ni que l'Australie a été appelée selon un dieu japonais ou que le peuple japonais est le peuple élu de Dieu.

Au Japon, la secte dirige un groupe de jeunes à orientation militaire et est active dans la politique, utilisant ses jeunes membres au profit des candidats du parti libéral démocrate au pouvoir.

La secte n'a pas non seulement adopté une grande partie des discrédités Protocoles, arguant d'une conspiration sioniste pour la domination du monde, elle enseigne aussi que l'étoile juive de David appartient en réalité non pas aux Juifs, mais bien à Sukyo Mahikari et que les Juifs méritaient l'Holocauste, car ils avaient trahis Dieu en détruisant le temple de Salomon. Un lien terrifiant avec l'attaque au gaz sarin sur le métro de Tokyo par la secte Aum Vérité Suprême se retrouve dans le manuel du cours supérieur de Sukyo Mahikari obtenu par le Canberra Times. Un chapitre tiré de l'oeuvre d'un certain Kido Honda, The Future Course of Japan, fait référence à un "plan terrible qui terrifierait le plus brave des héros : le métro. D'ici peu, les capitales de chaque pays du monde posséderont un métro et nous pourrons détruire toutes les institutions gouvernementales et leurs principales archives en même temps."

Sukyo Mahikari a depuis longtemps prévu l'implantation de quartiers généraux nationaux à Canberra et, en décembre dernier, les documents ont été signés avec le gouvernement de l'ACT pour un hectare de terre à Mulley Street, Holder, pour, comme le disent les documents, "un endroit de vénération, d'association religieuse et d'activités de communautés." La secte a cinq ans pour construire sur ce site.

Un coup terrible a été porté à la secte lors de la défection de son ancien numéro 2 en Australie, l'ancien photographe de Canberra, Garry Greenwood.

Greenwood, qui vit à présent dans le Nord de la Nouvelle-Galles du Sud, a publié une critique accablante de la secte sur Internet, intitulée "Les Hommes de l'Empereur", dans laquelle il accuse la secte d'irrégularités financières et de lavage de cerveau systématique des membres.

En Belgique, une commission parlementaire enquête sur les activités de la secte, surtout après avoir découvert qu'elle avait infiltré les forces de police. Des enquêtes similaires sont menées en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et en Suisse. A Singapour, le gouvernement enquête sur le statut de la secte qui bénéficie du Charities Act en vertu duquel 80 pour-cent de tous les dons, après déduction des frais, doivent être reversées dans des activités de charité à Singapour. D'anciens membres disent que pas un cent n'a été dépensé sur>le territoire.

Le soldat par qui tout a commencé

On sait à présent que Sukyo Mahikari a été fondé en juin 1978. Son fondateur connu est un ancien officier de l'armée japonaise, Yoshikazu Okada, qui prit part à un des événements les plus sanglants du siècle, le Viol de Nanking en 1937.

Fervent partisan de la divinité de l'empereur japonais, il devint après la défaite japonaise de la Deuxième Guerre mondiale un responsable de la religion d'origine Shinto Sekai Kyusei Kyo (SKK), mais fut contraint de démissionner après 10 ans en raison de son intérêt croissant dans l'occultisme, notamment l'exorcisme et la magie.

Il fonda alors une nouvelle religion qu'il appela Sekai Mahikari Bunmei Kyodan (SMBK), promouvant des "révélations divines", essentiellement les mêmes que le SKK et la pratique de rayonner la lumière, une "force de guérison", par la paume de la main.

Sa fille adoptive, qui prit le nom de Oshienushisama, devint sa plus fervente disciple et lorsqu'Okada mourut en 1974, une bataille juridique acharnée se fit jour autour de sa succession. Oshienushisama perdit et fonda une dissidence appelée Sukyo Mahikari.

Toutes les propriétés de la secte sont à son nom, en faisant l'une des femmes les plus riches du Japon, où elle a construit de somptueux mémoriaux, des temples et une pyramide de 45 m de haut, monuments pour la plupart fermés aux membres.

Un universitaire américain, Winston Davis, dans un livre de 1980 intitulé "Dojo, magic and exorcism in Modern Japan", a entrepris une étude complète de la secte et de ses pratiques magiques. Il la décrit comme : "une religion qui tend presque lentement vers la magie et comme une magie qui tend rapidement vers une religion."

La secte s'est répandue partout dans le monde, ses quartiers généraux régionaux en Australie basés à Canberra règnent sur un mini-empire qui s'étend jusqu'en Afrique du Sud.

Le responsable de Sukyo Mahikari ici, qualifié à la fois de directeur spirituel, de président et de directeur général, est Andris Tebecis. D'origine lettone, il fut un scientifique très qualifié de la John Curtin School of Medical Research, où il mena des recherches sur des micro-électrodes reliées au cerveau du chat et a étudié les états altérés de la conscience humaine au Département de Psychologie de l'Université Nationale Australienne.

Il rencontra Mahikari lors d'une visite professorale au Japon en 1975.

Lui, sa femme japonaise, Yasumi et un japonais vivant au Luxembourg, sont les directeurs officiels de Sukyo Mahikari Australie Ltd., une société enregistrée à l'ACT qui administre quatre trusts : Sukyo Mahikari School Building Fund, Sukyo Mahikari Australia Fund, Sukyo Mahikari South Africa Trust et Sukyo Mahikari School Operation Fund.

Selon les derniers détails de la Commission des Valeurs australienne, Sukyo Mahikari Japon est "la dernière entité contrôlant les fonds du trust" et 90.242$ australiens ont été envoyés au Japon en 1995 et 196.832$ en 1994.

En 1995, on paya 105.922 $ aux directeurs et l'un d'eux reçut plus de 100.000$.

On ne peut pas affirmer que le Dr Tebecis ou ses collègues directeurs ont agit de manière inadéquate ou ont pris part àdes activités commerciales autres que celles décrites dans les statuts de l'association.

Les tentatives de parler avec le Dr Tebecis la semaine dernière ont été infructueuses. Le quartier général de Sukyo Mahikari à Canberra nous a répondu qu'il était en Afrique du Sud.

Une femme nous a répondu au téléphone que personne d'autre ne pouvait parler au nom de l'organisation et qu'il n'était pas dans les habitudes de répondre aux critiques.

La colère de ceux qui en sont sortis

STEVE ALLERTON est un garçon plutôt terre à terre, mécanicien dans la marine, il consacra 14 ans de sa vie à Sukyo Mahikari. Il y rencontra sa femme japonaise et se maria sous les auspices de l'organisation. Il fut également dépouillé de 10.000 $ australiens. "Bien sûr, l'argent fait mal," dit-il dans sa maison de Kaleen, "mais ce qui fait beaucoup plus mal, c'est le fait d'avoir été trahi, d'avoir été vendu par quelque chose que vous croyiez être bon pour le monde. "Je pense que c'est seulement quand vous en sortez que vous voyez vraiment combien c'est dangereux, pas dangereux au sens physique, mais de manière bien plus subtile du point de vue de la manipulation mentale. Vous subissiez une intimidation sans le savoir." "Tout le temps, on vous dit que seuls les membres comptent et que tous les autres, le monde extérieur, n'ont pas d'importance. C'est pourquoi les gens en souffrent quand ils en sortent et j'ai découvert que la plupart ne veulent pas en parler. Il y a quelque chose de moralement malsain dans tout cela." Fan d'informatique, Allerton décida de parcourir Internet pour savoir si quelqu'un d'autre avait été touché par l'organisation et, à sa grande surprise, il est presque devenu la cheville ouvrière d'un mouvement international d'anciens membres de Sukyo Mahikari. "Vous savez, on m'avait inculqué qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas chez moi, et pendant un temps, je pense que je l'ai cru. Jusqu'à ce que je découvre que des centaines, voire des milliers, de personnes avaient connu une expérience similaire aux Etats-Unis, en Asie, en Europe, etc. "Il existe à présent un mouvement d'opposition mondial" Une autre habitante de Canberra, une femme qui passa 20 ans de sa vie dans la secte, déclare qu'elle a été attirée par la volonté affichée de créer un monde meilleur et elle connut de nombreuses belles expériences spirituelles. "La manipulation de l'esprit est venue plus tard et tout a mal tourné pour moi". La femme, qui n'a pas souhaité faire apparaître son nom, déclare avoir dû subir une thérapie pour réparer les dommages causés. Louise Sullivan, une ancienne journaliste qui travaille à présent comme conteuse et comédienne à Canberra, a consacré 16 ans de sa vie à Sukyo Mahikari, attirée par leurs idéaux, mais elle fut finalement répugnée par ce qu'elle appelle "la véritable hypocrisie... d'un commerce reposant sur des principes religieux." Elle déclare avoir eu recours à la thérapie pour s'en sortir. "On me disait que je serais attaquée par les esprits si je quittais... C'était là une sorte d'intimidation. Beaucoup de bonnes choses se sont produites au cours de ces années, beaucoup de miracles, mais, à présent, je suis furieuse, enragée et je m'en veux d'avoir été si naïve." Membre active, Sullivan dit avoir eu connaissance de malversations, mais que tout a été étouffé. "C'est une organisation très dogmatique. On ne peut pas poser de questions.." Lorsqu'Allerton commença à poser des questions, on lui a dit avec force qu'il était dans l'erreur et qu'il subissait une "perturbation spirituelle". Une réponse l'a irrité plus particulièrement : "Si la réponse n'aide pas à votre élévation, vous n'en avez pas besoin." Les 10.000$ perdus par Steve et Yumi Allerton ont été investi dans un projet appelé International Corporate Golf Tours Unit Trust, une société dont le but était d'attirer une partie du lucratif tourisme du golf japonais en Australie. "L'entreprise fut créée comme un commerce basé sur des principes religieux et nous pensions que nous étions en train de concrétiser notre foi," dit-il. Le trust fut établi dans les faits le 1 novembre 1991, pour un investissement total de 270.000$, mais ne dégagea aucun bénéfice en 1993 et en 1994 et fut mis en liquidation par le "Deputy Commissioner of Taxation" le 6 octobre 1994. Craig Shepherd, de Ferrier Hodgson and Company, le curateur nommé par le tribunal, a déclaré la semaine dernière que l'affaire était close, mais "qu'il n'y avait aucun moyen" pour les investisseurs de récupérer une partie de leurs mises. Il a été incapable de dire où était passé l'argent. L'affaire a été transmise à la Commission des Valeurs australienne. Un investisseur a engagé une détective privé pour examiner les affaires de la société et son rapport fait état d'anomalies dès le premier jour. Après la création du trust, un dépliant promotionnel fut produit en collaboration avec AN Travel Australia Pty Ltd, devenue aujourd'hui QGS Tours Pty Ltd, afin de trouver des fonds qui furent investis par la société fiduciaire au profit du Unite Trust, International Corporate Golf Tours Pty Ltd. Apparaît dès lors immédiatement un premier conflit d'intérêt : comment une société qui agit en tant que fidéicommis pour les fonds des autres, c'est-à-dire les actionnaires du trust, peut-elle investir dans sa propre société ? Sur la correspondance concernant l'administration du trust figure l'en-tête de International Corporate Golf avec une adresse centrale à Melbourne. On y retrouve également d'autres noms de sociétés : ICG Sport, ICG Tours, ICG Golf Academy et Professionals Golf Shop. Un examen des documents de la Commission des Valeurs australienne a mis à jour une société appelée ICG Sport Pty Ltd, dont les directeurs étaient Roland Simpson, Alfred Orpen et Ross Woodham, ce dernier ayant signé l'acte de naissance de l'International Corporate Golf Tours. "Roland Simpson et Alfred Orpen sont membres de Mahikari, un mouvement religieux japonais," ajoute le rapport du détective privé. "Plusieurs autres membres de Mahikari semblent avoir été les principales personnes approchées pour faire partie des investisseurs." Le rapport a été déposé à la Commission des Valeurs australienne. Les documents de cette commission montre que Orpen et Woodham, qui vivent à Melbourne, sont les directeurs d'une société appelée Top Green Cleaning Products Pty Ltd, qui commercialise un détergent sous le nom de "Down to Earth", vendu comme produit respectant l'environnement via les associations scouts et l'organisation de Mahikari. L'autre directeur, Simpson, atteint d'un cancer, fut interviewé pour l'élaboration de cet article et a expliqué qu'il n'était plus lié à Mahikari, mais avec la secte dont elle dérive, connue sous le nom de SKK. Selon Simpson, l'ancien administrateur délégué d'International Corporate Golf Tours, l'annulation de tournois par les Japonais en 1992 avait touché durement la société et les fonds disparurent en frais de promotion. L'entreprise n'avait aucun lien avec Mahikari, si ce n'est que des membres de la secte en constituaient les directeurs et les investisseurs. "J'avais donné ma démission en tant qu'administrateur délégué pour raison de santé au moment de la liquidation, qui, selon moi, était surtout due à une mauvaise gestion." Il y a perdu sa maison et vit à présent chez ses beaux-parents. Quand on lui demanda s'il était au courant de pratiques douteuses impliquant la secte à Melbourne, Simpson répondit qu'il avait appris "certaines irrégularités" qu'il détailla dans un rapport aux quartiers généraux de Canberra, mais n'a ensuite plus jamais entendu parler de quoi que ce soit. "Je ne dis pas qu'ils étaient corrompus, mais j'en ai vu assez pour me sentir très mal à l'aise et le silence qui s'ensuivit ne fit qu'empirer les choses. Beaucoup de gens qui ont découvert la vérité en ont été bouleversé." Les Allerton ne sont pas les seuls membres de Sukyo Mahikari dont l'argent s'est évaporé. Un homme d'affaire de Brisbane, Andrew Campbell, déclare avoir acheté pour 150.000$ un immeuble pour la secte afin d'en faire un quartier général et un lieu de culte dans les faubourgs de Taringa et a dépensé 100.000$ supplémentaires en travaux de rénovation. Mais ce bâtiment n'a jamais été utilisé. "Environ un an plus tard, l'immeuble a été vendu et l'argent a disparu," explique-t-il. Inutile de poser des questions. On lui aurait dit qu'il "valait mieux construire en amont, au Japon, car une fois que tout allait bien au Japon, le reste du monde suivrait." Il est parti de la secte depuis trois ans, mais sa colère n'a pas cessé quant au fossé entre les idéaux et la pratique. "Si les choses vont bien, on vous dit de donner et, dans le cas contraire, on vous dit que vous n'avez pas assez donné. Ils gagnent donc sur tous les tableaux. "Mais ils vont se détruire eux-mêmes et de l'intérieur," conclut-il.


* NDT : Australian Capital Territory, territoire couvrant la capitale Canberra, avec environ 300.000 habitants.


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