MARSEILLE ENTRE DANS L'HISTOIRE (1)
Ca y est ! Sauzée et les Marseillais peuvent laisser éclater leur joie. La Coupe est à eux...
...Ca valait bien quelques tacles appuyés. N'est-ce pas, Deschamps ?
26 mai 1993 :
après 38 ans d'attente, l'Olympique de Marseille a enfin apporté au football français la première Coupe d'Europe de son histoire.
Et la plus belle, celle des champions !
MUNICH. - Ca y est ! Sauzée et les Marseillais peuvent laisser éclater leur joie. La Coupe est à eux. Ca valait bien quelques tacles appuyés. N'est-ce pas, Deschamps ?
LE JEU ET LES JOUEURS
Pelé et la garde noire...
De la tête victorieuse de Boli, au travail défensif d'Angloma et Desailly, en passant par le talent d'Abedi Pelé, le mailleur Marseillais, l'OM doit une bonne part de son succès à sa garde noire.
L'OM a donc atteint son objectif en remportant une Coupe d'Europe qui s'offrit pour au Milan AC dès le premier quart d'heure d'une finale à la qualité extrèmement moyenne, comme toute finale qui se respecte. On n'ira pas jusqu'à dire que c'est Milan qui perdit le match plus que l'OM ne le gagna, car se serait retirer un peu trop de mérite à une formation marseillaise qui sut allier l'habileté tactique à la volonté et à l'énergie physique. Pourtant, on ne peut oublier que pendant le premier quart d'heure les Milanais, pratiquant leur vrai football, se créèrent des occasions qui auraient dû être déterminantes, mais qui en fin de compte, gâchées par le seul Massaro, leur futent fatales.

Une bataille tactique

Si le jeu fut hâché, resserré dans le centre du terrain, ce fut certainement parce que l'utilisation du hors jeu joua un rôle capital dans l'histoire. Les deux lignes défensives en présence l'utilisant en permanence et non sans habileté. L'OM, avec ses cinq arrières qui revenaient au nombre de trois lorsque le ballon était récupéré, mais qui surent remonter le terrain et prendre au piège l'attaque adverse, les Milanais avec leur quatre défenseurs essayant d'en faire autant et y parvenant eux aussi.

Pourtant, ce procédé tactique aurait pu coûter cher aux Marseillais dans le premier quart d'heure puisqu'il a permis à Massaro de s'échapper en plusieurs occasions et de se présenter en position favorable de but et pourtant, cette fois encore, c'est sur un coup de pieds arrêté et dans le jeu de tête que la décision devait se faire en faveur des Marseillais pour le seul Boli profitant à la 44e minute de sa détente et d'un timing qui surprit les Milanais et qui assura la victoire.

BARTHEZ réalisa deux très belles parades dans la période la plus difficile vécue par la défense marseillaise au début du match. Il n'eut ensuite au cours de la première période, qu'à intervenir sur des renvois de balle souvent retardés volontairement. Après le repos, il plaça quelques renvois aux poings et ses sorties aériennes n'eurent aucun mal à enrayer le danger.
ANGLOMA tint honorablement son poste de stoppeur droit, le plus souvent devant Massaro qui lui échappa certes en quelques occasions au début du match mais qui fut ensuite tenu en respect. Angloma dut quitter le terrain en raison d'une blessure au cours de la seconde période. DURAND, qui le remplaça, tint alors le poste d'arrière gauche en s'efforçant de bien colmater les brèches sur le flanc de sa défense.
DESAILLY fut comme stoppeur gauche presque toujours confronté à Van Basten, auquel il parvint à imposer le plus souvent sa présence physique, sa puissance, sa détente et qu'il gêna même souvent dans le domaine aérien.
BOLI fut un libero extrêmement vigilant, jaillisant comme à l'accoutumée au sol comme en l'air pour enrayer le danger. Il fut donc l'artisan de la victoire grâce à son coup de tête victorieux de la quarante-quatrième minute, mais sut également fort bien commander la manoeuvre du hors jeu et malgré quelques relances un peu hasardeuses, se comporter en vrai chef de défense.
DI MECO, d'abord arrière gauche, dut avancer souvent pour tenter de contrer Donadoni, son adversaire direct, ce qui l'amena à commettre une fois de plus un peu trop de fautes sur l'homme, payées d'un avertissement en deuxième période. Il devint stoppeur gauche surveillant même son ancien coéquipier Papin et entrant alors fort bien dans le système défensif pour conserver l'avantage et la victoire à l'équipe marseillaise.

Boksic décevant

EYDELIE, promu arrière droit plus que milieu défensif latéral, sut parfaitement occuper l'aile droite de sa défense en y accomplissant un travail très utile de ratissage du ballon devant Lentini qui, après l'avoir pris de vitesse avant le repos, finit par baisser pied et par lui laisser le dernier mot.
SAUZEE fut un milieu droit qui se signala surtout par ses tentatives de frappe à distance, soit sur coup franc, soit dans le jeu en mouvement sans pour autant trouver l'ouverture et se montrer précis dans ses tentatives.
DESCHAMPS, qui n'a décidément pas retrouvé sa mailleure forme, s'évertua cependant à être très utile et efficace par son pressing sur le porteur du ballon, ses tacles et son travail défensif.
PELE qui, dans le plan de bataille mis sur pied par les Marseillais, occupa cette fois l'aile droite de l'équipe, posa de gros problèmes alors par son jeu de gaucher à un Maldini en petite forme; le Ghanéen travaillant alors comme le faisait Waddle l'an dernier, se montrant extrêmement dangereux par ses dribbles rentrants, ses débordements, ses accélérations et s'avérant finalement le meilleur joueur marseillais et le seul danger permanent pour la défense milanaise.
BOKSIC en effet, fut décevant, peu visible à la pointe du combat, n'arrivant pas à se défaire du marquage de Costacurta ou de la défense milanaise, ne plaçant aucun dribble, aucune accélération déterminante et étant finalement la grande déception de la finale.
VOLLER, deuxième avant-centre le plus souvent du coté gauche de l'attaque, chercha à ruser mais sans réussite, se battant cependant avec opiniâtreté avant de céder sa place à THOMAS qui, dans les dix dernières minutes, vint occuper le milieu gauche de l'équipe pour assurer définitivement la victoire.

Dans une équipe milanaise bien décevante et qui confirma l'impression très mauvaise qu'elle inspirait depuis quelque temps à travers la méforme de ses hommes de base, le gardien ROSSI ne fut guère sollicité. Pourtant, en défense BARESI fut le seul à jouer sur sa valeur réelle, jaillissant comme à ses plus beaux jours, surtout en première période et venant essayer d'apporter son esprit constructif au jeu d'attaque du Milan AC, mais en pure perte, MALDINI s'avérant en petite forme, tout comme un RIJKAARD extrêmement décevant techniquement et physiquement parlant, et qui fut lui aussi l'une des raisons de l'échec italien.
DONADONI et ALBERTINI n'étant guère mieux inspirés, VAN BASTEN étant également très discret et peu dangereux d'un bout à l'autre de la rencontre, MASSARO gâchant lamentablement les deux ou trois possibilités de but qui s'offrirent à lui dès le début du match et qui aurait pu assomer définitivement l'OM, LENTINI ne pouvant confirmer un excéllent début de match où il avait placé de redoutables accélérations sur l'aile gauche, PAPIN enfin, rentré à la 55e minute pour remplacer Donadoni n'entrant jamais dans le jeu de l'équipe et ne pouvant alors avoir un rôle prépondérant, dans une défense qui lui barra le plus souvent la route.

Abedi Pelé a souvent affolé la défense milaniase.
MUNICH. - Abedi Pelé a souvent affolé la défense milanaise.
LES NOTES
OM

BARTHEZ.............8
ANGLOMA.............7,1
BOLI................8,5
DESAILLY............8
DI MECO.............7,3
EYDELIE.............7,2
DESCHAMPS...........6,4
SAUZEE..............6,5
VOLLER..............6,2
PELE................8,5
BOKSIC..............6

MILAN

ROSSI...............6
TASSOTI.............5,9
COSTACURTA..........6,3
BARESI..............7,4
MALDINI.............6
DONADONI............6
RIJKAARD............5,6
ALBERTINI...........6,3
LENTINI.............6,8
VAN BASTEN..........6,3
MASSARO.............4,8
LE MATCH AU MICROSCOPE
Une tête en or
MARSEILLE - MILAN AC 1-0 (1-0)

Temps lourd. Bonne Pelouse. Bon éclairage. 64.000 spect. Arb.: M. Rothlisberger (Suisse). But: Boli (44e). Averstissements: Di Meco (32e), Boli (54e), Barthez (70e) pour Marseille; Lentini (39e) pour Milan.
MARSEILLE : Barthez - Angloma (Durand 61e), Boli, Desailly - Eydelie, Sauzée, Deschamps (cap.), Di Meco - Pelé, Boksic, Völler (Thomas 78e). Entr.: Goethals. Remplaçants non utilisés: Olmeta (gardien), Casoni, Ferreri.
MILAN AC : Rossi - Tassotti, Costacurta, Baresi (cap.), Maldini - Donadoni (Papin 55e), Albertini, Rijkaard, Lentini - Van Basten (Eranio 85e), Massaro. Entr.: Capello. Remplaçants non utilisés: Cudicini (gardien), Nava, Evani.

LE FILM

4e : Faute de Tassotti sur Völler: Coup franc de Sauzée à destination de Di Meco... en position de hors-jeu.
5e : Coup franc de Donadoni à la suite d'une faute de Boli: la tête de Rijkaard passe au-dessus du cadre de Barthez.
7e : Centre de Van Basten pour la tête de Massaro, mais le ballon frôle le poteau gauche du gardien marseillais.
8e : Contre-attaque de Völler. Le tir de l'attaquant de l'OM est renvoyé par Rossi, mais Boksic ne peut reprendre le ballon comme il le souhaitait, pressé qu'il était par Maldini.
10e : Massaro est sifflé en position de hors-jeu.
11e : Lob de Boksic qui passe au-dessus du but de Rossi.
13e : Tête de Maldini au-dessus du but marseillais à la suite d'un corner brossé de Donadoni.
17e : Barthez sauve son équipe à deux reprises: du pieds, sur un tir en pivot de Van Basten; puis des deux mains sur une reprise de Massaro effectuée dans un angle fermé.
38e : Pelé est arrêté irrégulièrement par Lentini: le coup franc de Sauzée est stoppé par le mur italien.
44e : Premier corner pour l'OM obtenu par Pelé. Celui-là le tire à destination de la tête de Boli qui ouvre le score malgré la présence de Baresi et Rijkaard à ses cotés.

MARSEILLE : 1
MILAN AC : 0

46e : Barthez dégage des deux poings devant Van Basten.
52e : Sortie de Rossi devant la menace ed Pelé.
59e : Tête de Rijkaard interceptée par Barthez, malgré une ultime tentative de Papin qui avait remplacé Donadoni à la 55e minute. S'ensuit une petite échauffourée mettant aux prises Papin, Barthez et Eydélie.
62e : Frappe de Sauzée au-dessus du but de Rossi.
75e : Coup franc tiré par Albertini, puis repoussé par la jambe de Sauzée.
77e : Volée en extension de Papin qui passe à côté du but de Barthez.
80e : Volée de Van Basten... dans les nuages.

MARSEILLE : 1
MILAN AC : 0

Les tirs du match. Les tirs du match

Mi-temps par mi-temps, nous avons retracé ici les tirs de la finale. Ils sont assez peu nombreux, surtout en seconde mi-temps. Milan a tiré onze fois (7+4) dont six de la tête.
Marseille a tiré sept fois (6+1), dont une seule de la tête (mais la bonne !). Les chiffres dans les cercles désignent les numéros des tireurs (voir ci-contre). Les traits courts repartant en arrière indiquent les tirs contrés. Les traits terminés par un point indiquent les tirs arrêtés ou repoussés par le gardien. A noter le petit nombre d'essais cadrés : un pour l'OM, trois pour Milan.

CHIFFRES
  • CORNERS CONCEDES: Marseille 7 (1+6); Milan 7 (3+4)
  • HORS-JEU SANCTIONNES: Marseille 4 (1+3); Milan 11 (4+7)
  • COUPS FRANCS SANCTIONNES: Marseille 10 (3+7); Milan 13 (8+5)
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