Regardez lors de la Première Guerre mondiale encore ; le roi George V d'Angleterre était le cousin germain de son allié Nicolas II de Russie (avec qui la ressemblance physique était frappante), mais aussi celui de son rival Guillaume II de Hohenzollern, empereur d'Allemagne. D'autre part, le roi Victor-Emmanuel III d'Italie était le cousin sous-germain de son ennemi, l'empereur François-Joseph d'Autriche. Ajoutons à cela que le roi de Roumanie était également un Hohenzollern et que de toute façon toutes les dynasties européennes ont déjà eu de nombreuses alliances entre elles depuis le Moyen Age, ce qui les fait, par exemple, toutes descendre de Guillaume le Conquérant1. Mais bon, toutes ces grandes dynasties se sont effondrées en 1918, excepté l'Angleterre qui résiste, on ne peut donc plus leur faire beaucoup de reproches. Les petites monarchies (Belgique, Pays-Bas, Danemark, Suède, Norvège) jouissent encore d'un certain prestige malgré tout, ainsi que la nouvelle monarchie espagnole. On a certes peu à reprocher à des souverains constitutionnels, mais il n'empêche qu'ils n'ont aucun droits particuliers à disposer d'un tel régime de faveur, à moins que le peuple aime payer des taxes supplémentaires pour entretenir leur idole fétiche, qui sait si bien prôner l'importance de la religion, son grand allié et instaurateur.

Pour en revenir à la morale, qu'adviendrait-il si les gens n'avaient plus à en suivre une, par exemple religieuse ? Il faudrait bien entendu assurer le fonctionnement correct de la société par le biais des lois. C'est déjà le cas, mais la législation à besoin d'être révisée - comme toute la politique de la société d'ailleurs -, notamment allégée sur des sujets superficiels ou visant une maîtrise trop rigide des libertés et des mœurs. Il y a en outre les législations ayant pour but d'enrichir l'Etat et, parmi celles-ci, celles accablant le citoyen sur son revenu ou plaçant des taxes là où il ne devrait pas y en avoir (la Belgique est spécialisée en la matière). L'Etat devant être réduit à son strict minimum et ayant pour but avant tout de  veiller au bon fonctionnement de la société libre (par l'intermédiaire de la justice) et à la défense nationale - ainsi qu'interne, afin de lutter contre la criminalité et le terrorisme.

Mais la plus importante des conséquences de la suppression de la religion, de la morale l'accompagnant et de leurs dérivés est que, pour la première fois, l'homme aura et devra avoir foi en lui et non plus en un Dieu imaginaire et perturbateur. S'il échoue dans quelque chose, il ne devra s'en prendre qu'à lui-même et non plus à la volonté de Dieu ou au destin. Il pourra alors prendre conscience de ses propres problèmes et cherchera à les solutionner - contrairement à la passivité théo-fataliste du passé qui laissait inchangé ou détériorait la situation du croyant. De plus, en n'attendant pas bonté et charité de son prochain, l'homme saura mieux se prendre en charge, sera plus volontaire et n'attendra plus que les choses lui tombent du Ciel, mais surtout, il sera heureux de voir générosité, amabilité ou gentillesse lorsqu'il la rencontrera, alors qu'avant il s'indignait de ne pas la voir dans bien des cas. En effet, on est toujours plus heureux de recevoir quelque chose que l'on attend pas, que de ne pas recevoir quelque chose qu'on attendait ou que l'on considérait comme normal. D'où la nécessité d'abandonner toute morale ou croyance religieuse.



1 source : "Les dynasties d'Europe", Ji?í Louda, Michael Maclagan, éd. Bordas, Paris 1995
Retour à la Table des matières
Page précédente