| L'espace d'un moment Je me présente, Maxine Jutras. Il y a quelques année, lorsque je n'étais qu'une fille de 15 ans, j'étais réservée et je n'aimais pas attirer l'attention. Cette année là fut une année terriblement difficile pour moi, mais je m'en suis remise tranquillement, sans brusquer les choses. Aujourd'hui, je vois cet événement plutôt comme une expérience de vie qui m'aura transformée à jamais. Tout à débuté un 9 janvier. Mes parents et moi venions à peine de déménager près de Drummondville. Le 9 était la date de mon premier jour à l'école, ma nouvelle école. Une école où je ne connaissais personne, où je n'avais pas d'amis, où tout était tellement nouveau et où tout me faisait peur. J'étais dans l'autobus, une autobus que forcément, je m'habituerai plus tard à prendre à chaque jour. J'avais mal au coeur, non seulement par nervosité, mais à cause des routes dépravés du Québec en campagne. Lorsque je fut arrivée à Marie-Rivier, mon coeur débattait, j'avais peur de me perdre tant l'école paraissait immense ! Après avoir observé mon horaire fraîchement remis par la secrétaire, je me rendis compte que ma nouvelle vie commençait en science physique. Lorsque, finalement, je trouvai mon local, monsieur Beaudet m'installa à un bureau vacant à l'avant, devant lui ! Tous les gens autour de moi me parlaient, me posaient des tonnes de questions, m'étourdissaient. Je me sentais désorientée. À côté de moi se trouvaient deux filles, Claire et Marilyn. Par contre, à l'arrière se trouvait un garçon timide ou peut-être désintéressé. Il s'appelait Francis. Il ne me parlait pas, ne me posait pas de question et il faisait comme si j'avais toujours été là, devant lui... Soudain, dès la fin du cours, Francis vint me parler, me fit un sourire. Un magnifique sourire. Un sourire tel que, jamais, jamais, je pourrai l'oublier ! Francis était très beau garçon et dès ce moment, je sus qu'il fut aussi très gentil et délicat. Un garçon comme aucun autre. Je ne sus, à ce moment, comment l'expliquer et je ne savais surtout pas pourquoi, mais je l'aimais déjà. Ce fut, jadis, un coup de foudre total pour lui et j'éprouvais déjà un amour inconditionnel pour ce garçon, pour moi, déjà si spécial. Je ne sais pas si vous avez connu le coup de foudre, mais vous savez, celui qui vous donne des frissons que vous ne voulez jamais voir disparaître, celui qui vous donne des ailes et ce même amour soudain qui vous fait pleurer car vous ne pouvez pas le vivre avec l'être aimé ... Le temps passait tellement vite, cela faisait déjà un mois que j'allais à Marie-Rivier. Je passais toutes mes journées avec Claire et Marilyn. Elle m'encourageaient à toutes les pauvres minutes de la journée à aller dire à Francis à quel point je l'aimais. Mais, je ne le faisais jamais, puisque j'en étais tout simplement incapable, j'avais une peur bleu de sa réponse qui aurait pu détruire le nuage de bonheur sur lequel je vivais. À chaque fois que je le voyais, je fondais, mon cerveau devenait comme de la pâté pour chien et, si je lui parlais, je disais des imbécillités ! Ce fut le 12 février que mon coeur ressenti de l'espoir, La cloche annonçant le dîner sonna. J'avais hâte d'aller manger, il y avait une table de libre, ce qui est assez rare quand tu arrive trop tard à la cafétéria. Je regardais constamment la porte dans l'espoir de voir entrer mon beau Francis. Soudainement, mes espoirs furent nourris, mon coeur se mis à frétiller en même temps que ma tête soit d'un calme morbide, comme l'eau d'un lac avant la tempête. Sans même m'en rendre compte, il était déjà devant moi. Il me dit ces doux et délicats mots à mes oreilles : " Est-ce que je peux m'asseoir avec toi ? " Mon coeur avais fait dire à mes lèvres : " OUI ! " avant même que ma tête ait eue le temps d'y penser. À ce moment, je me sentis vraiment calme et détendue malgré l'étrange boule de feu qui me brûlait la poitrine. Il s'apprêtait à me dire je-ne-sais-quoi, quand toute sa gang arriva et il ravala le doux "je" qu'il s'apprêtait à dire. Pour en sortir un "allô!" plutôt rauque et timide. Je partis au même moment en lui disant: "À bientôt !", sans savoir ce qu'il voulait me dire. Le lendemain matin, j'étais dans l'autobus, j'avais décidé de parler à Francis. Je me préparais mentalement à lui dire tout l'amour imprévu que j'avais pour lui. Étonnamment, j'étais décidée et très sûre de moi. Pour une fois, je m'étais promis de ne pas dire de bêtises. L'espace d'un moment ~~~} SUITE |