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 LE VOEU DES FEES, Chapitre 11, par Edouard Califan 
 
La capture de Chris s'était faite sans mal. Elle ne s'y attendait pas le
moins du monde, dormant paisiblement sur sa couche lorsque nous
entrâmes, Eve et moi. Elle ne se réveilla point tout le temps que dura son
entravement et même lorsqu'on lui posa bâillon et bandeau, elle n'eut
qu'un frisson minuscule. Je fus ému de la voir ainsi, frêle et nue, attachée
comme je l'étais à mes débuts par vingt–quatre chaînettes rétractiles. Avec
une lenteur infinie, Eve manœuvra le treuil ; un bras puis une jambe
glissèrent sur le drap, enfin son corps entier fut étiré en long, chevilles et
poignets joints. Elle tressaillit soudain, tenta de se pelotonner mais n'y
parvint pas. La jugeant suffisamment consciente, Eve lui expliqua notre
décision en quelques phrases, puis elle se tut. Chris était bien éveillée,
maintenant, et se tordait en tous sens. Eve donna quelques centimètres de
mou aux chaînes et nous la contemplâmes, s'acharnant à l'impossible,
bandant ses muscles à outrance, agitée de spasmes frénétiques. Elle faiblit
au bout de quelques minutes et fut prise de tremblements incontrôlés. Le
bâillon étant absolu, nous n'entendions d'elle que son souffle haletant et
une vibration de rage sourde émanant de sa gorge. Eve et moi étions
fascinés, et c'est trois cœurs qui battaient à tout rompre dans la chambre.
Nous ne bougions pas et restions cois. 

Eve réitéra la décision. Chris écoutait, cette fois apaisée, hochant la tête à
chaque fois qu'elle acquiesçait. Nous la savions incapable de parjure et
déterminée à mener sa quête à bien, plaçant notre intérêt avant le sien.
Restait à dompter son refus, à vaincre sa fierté, à la plier à nous. Quoi que
je fusse devenu l'esclave de Chris et d'Eve, nous n'en formions pas moins
une triade indissociable et je gardais mon identité mâle et mon caractère
propre, au delà des modifications qui s'opéraient en moi. Et la fusion de
nos trois êtres se devait d'être entière. 

Si j'étais leur chose, j'étais leur homme aussi, avec ses manières d'homme,
ses fantasmes tordus, ses idées folles, cette envie innée à nous mâles, de
mater la femelle. Et cela n'était pas incompatible avec ma condition
d'esclave volontaire. Devant moi Chris se pliait et mon sexe triomphait ; en
Eve j'avais trouvé l'alliée idéale, la compagne avec qui j'allais me
propulser aux confins du monde des sens. 

D'un geste et d'un regard complice, nous combinâmes les ligatures de
Chris de façon à ce qu'elle soit placée à genoux sur le ventre, les mains sur
le visage et les fesses ouvertes. Eve savait que Chris n'avait jamais été
offerte ainsi auparavant, et qu'elle en abhorrait l'idée. Elle s'avérait
impitoyable, cruelle même et pleine d'imagination, tout à l'opposé de son
image d'ingénue bouclée au teint falot, aux seins fragiles. Elle m'ordonna
d'enculer Chris. Quand celle–ci devina nos intentions, elle se raidit et il
fallut tendre les chaînes au maximum afin qu'elle ne puisse plus s'agiter,
ne fut–ce d'un seul millimètre. Eve m'apprit que Chris n'avait jamais été
sodomisée –ni elle d'ailleurs. Je la fourrageais de mon index, la massant
longuement, introduisant un second, puis un troisième doigt pour
l'habituer à la dilatation, l'inondant d'huile de massage et lui caressant le
clitoris de l'autre main. Ses muscles étaient tétanisés et il me fallut
beaucoup de patience pour qu'elle s'offre. Elle gémit sourdement lorsque
je la pénétrai, tentant vainement de résister, puis elle se laissa aller. Eve
lui caressait les seins et lui mordillait les lobes et la nuque avec fougue, la
suçonnant au sang. Quand j'eus joui en elle, je la sentis vaincue,
renonçante.

–...Et si j'ôte le bâillon, ma mie, tu crieras?

Chris fit non de la tête et s'immobilisa. Elle se laissa faire désormais, et
cela dura trois semaines pleines.
 

 
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