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LE
VOEU DES FEES, Chapitre 14, par Edouard Califan
Lorsque ses liens furent ôtés, des heures plus tard, Chris
n'eut pas un
mouvement. Elle respirait calmement et n'avait pas encore ouvert les yeux
; elle en reçut l'ordre et nous aperçut tout d'abord.
Elle avait supporté l'implant sans manifester
la moindre réaction, pourtant
nous savions que si ça n'était pas douloureux, ça
n'en n'était pas moins très
gênant, surtout les premiers temps. Après avoir partagé
notre repas et fait
une pause, nous lui demandâmes de se lever et de marcher en rond
dans la
pièce. Elle le sentait au fond d'elle et ne pouvait s'empêcher
d'écarter
légèrement les cuisses à chaque pas. Elle dut faire
toutes sortes d'exercices
devant nous, révélant à nos yeux ses replis les plus
secrets. Quand je la
pénétrai, l'empalant à fond sur mon sexe gonflé,
je ne sentis aucune
différence avec avant. Ce n'est que lorsqu'Eve actionna la télécommande
que je perçus une vague de vibrations prodigieusement titillantes
provenant de l'intérieur de Chris. Elle aboutit à son plaisir
en quelques
secondes à peine, me laissant sur ma faim. Eve m'ordonna de me
retirer et
de m'achever seul, face à elles deux. Je vins très vite
moi aussi, excité par
leurs corps engainés.
Eve expliqua alors à Chris qu'elle lui avait
implanté un appareil de son
invention, commandé à un électronicien de ses relations.
Il s'agissait d'un
anneau en plastique étanche et de forme anatomique contenant un
mécanisme vibratile, destiné à être placé
à demeure au plus profond d'un
vagin. On pouvait l'activer à tout moment et à distance,
la pile ayant une
durée de vie de six mois. On pouvait aussi moduler la vibration
à son gré,
du plus doux au plus fort, du plus lent au plus frénétique.
Le système
reposait sur l'induction nerveuse directe et non sur un vulgaire moteur
électrique, permettant de varier les sensations à l'infini.
Il était par
ailleurs impossible à la personne équipée d'ôter
cet implant, car dès sa
mise en place il s'élargissait, s'ajustant parfaitement aux parois
internes
–ce qui occasionnait tant de gêne à Chris.
Sa mine était devenue boudeuse à
l'ouï des éclaircissements d'Eve. Elle ne
s'était pas attendue à ce que cela aille si loin, nous dit–elle,
et ne se sentait
pas chaude pour la suite de l'expérience. Ses yeux et ses lèvres
s'immobilisèrent en pleine phrase, elle vit la main d'Eve sur le
boîtier et
fut prise de rage, se levant précipitamment pour se réfugier
dans la
chambre –il faisait trop froid au dehors. Nous l'y rejoignîmes ;
elle
pleurait sur le lit, bruyamment. Mais d'un coup, d'un seul, elle se tut
et
reprit son air hébété d'avant la crise, se laissant
caresser par Eve et
posséder par la machine.
Elle vit tant d'horizons et de ciels successifs,
tant de grandeur l'envahit
qu'elle renonça, se laissant submerger par le flot continu de jouissance
pure qui s'était emparé d'elle. Quand ce fut fini, elle
pleurait toujours.
Pour avoir osé fuir, elle fut punie. Eve,
possédée d'un véritable don pour
l'humiliation d'autrui, avait décidé que Chris serait tondue,
et qu'elle
s'exécuterait seule, devant nous. Chris encaissa en se mordant
les lèvres et
s'installa face au miroir de la salle de bains. Munie d'une paire de ciseaux,
elle entreprit de se couper aussi court que possible ses cheveux mi–longs.
En un quart d'heure elle n'était plus coiffée que de quelques
mèches
inégales et d'un effet horrible. Ses yeux n'arrivaient pas à
se détacher de
sa nouvelle image dans la glace. Eve me demanda de l'aider à en
finir. Je
lui mouillais abondamment le cuir chevelu à l'eau très chaude
et l'enduisis
de mousse à raser en la massant longtemps pour faciliter la tâche.
À aucun
moment je ne sentis Chris se raidir ; au contraire elle s'offrait à
mon
rasoir en souriant, songeuse. Il ne me fallut que deux passages de lame
pour obtenir un résultat idéal ; la forme de son crâne
étant parfaite, les
traits de son visage nous apparurent encore plus beaux qu'à l'accoutumée.
Elle–même s'en rendit compte en rougissant. La première chose
qu'elle fit
après fut de se plaindre que son corset s'était par trop
détendu. Nous ne
fûmes pas trop de deux, Eve et moi, pour le lui resserrer à
fond, lui faisant
échapper les soupirs d'un souffle raccourci par l'étreinte...
De nos corps approchés, nous lui fîmes
mille caresses amoureuses pour la
consoler, puis nous l'avons menée à sa chambre, où
nous avons dormi tous
trois comme des enfants jusqu'au jour suivant.
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