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LE
VOEU DES FEES, Chapitre 17, par Edouard Califan
Eve et Chris m'expliquèrent en détail qu'elles entendaient
achever à
travers moi une féminisation aussi complète qu'il est possible
à un homme,
tout en conservant à mon sexe initial sa force jouissive et virile.
Elles
m'aimaient d'amour et n'avaient aucune envie de me mutiler, mais
simplement de me forger à leur désir, d'extirper de moi les
côtés
détestables de l'homme pour n'en conserver que l'essence sublimée.
Quelques temps plus tard nous retournâmes
chez Geneviève. Je devais y
essayer un nouveau corset, beaucoup plus étroit que l'ancien et
bien plus
élégant aussi, entièrement liseré de dentelle
fine et cintré à l'extrême. Là,
mes seins d'homme parvenaient presque à s'englober dans les bonnets
ajourés. De mes deux mains, je pouvais entourer ma taille sans
peine et,
mes côtes ayant pris le pli, mon buste s'arrondissait en un galbe
vertigineux et irréel...
Geneviève tournait autour de moi, rectifiant
un détail, recoupant un fil
trop long, rajustant le laçage. Elle parut assez satisfaite du
résultat, bien
que selon elle nous soyons encore loin du but. Elle se moqua gentiment
de
ma gaucherie ; il était vrai que tout mouvement exigeait de moi
d'être
entièrement repensé, car bien que très confortable,
mon nouveau corset
était si serré qu'il m'immobilisait tout à fait.
Eve et Chris acquiescèrent à
ses remarques, mais elles parurent apprécier ma vision. Je n'étais
pas
attaché et je fus convié à les rejoindre à
table devant quelques verres de
vodka. Il n'y avait plus trace en moi de la rébellion d'autrefois
et j'étais
plein d'un bonheur calme, déterminé plus que jamais à
tracer ma route
jusqu'au bout à l'aide de mes trois merveilleuses.
L'émotion que je ressentais était
similaire à la vague d'alcool fort
s'imprégnant en moi par nappes chaudes. D'être admis à
leur table
signifiait qu'un cap était franchi dans la connivence qui nous
unissait. Nous
restâmes peu de temps, je me rhabillais avec l'aide de Geneviève
cette fois,
car il était impossible à mes mains d'atteindre mes pieds.
Dans la rue mon
pull se balançait nonchalamment autour du vide de mes reins, frôlant
la
soie. Mon pantalon était ceinturé aux hanches et même
en me penchant au
maximum je ne pouvais apercevoir mes chaussures... Plus rien ne m'allait,
je me sentis ridicule dans cette défroque sans charme et sous cette
perruque blonde qui m'enlevait encore quelques miettes de ce que j'étais,
mais cette fois nous rejoignîmes la voiture directement. Eve et
Chris
avaient compris mon trouble et ce furent elles qui portèrent les
paquets de
Geneviève. Je fis le trajet nu, vêtu simplement du corset,
et les rares
véhicules que nous croisions dans la nuit pouvaient m'apercevoir
ainsi un
bref moment dans le faisceau de leurs phares, ce qui m'envahissait d'une
onde de honte pure, sentiment ambigu entre tous puisqu'il engendre en
nous le pire et le meilleur mêlés... Chris conduisait et
Eve, penchée sur
moi, me cajolait, promenant ses doigts fins sur ma peau douce et s'égarant
dans l'appareil de dentelles... Je n'eus guère besoin d'être
stimulé pour
atteindre une béatitude voluptueuse proche de l'orgasme. Elle me
fit
languir ainsi jusqu'à la maison.
Là, recrus de fatigue et d'émotions,
nous nous couchâmes tous trois serrés
à nous prodiguer milles gracieusetés, elles totalement nues
et moi toujours
gainé de soie...
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