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LE
VOEU DES FEES, Chapitre 2, par Edouard Califan
Leur voiture était là, à l'emplacement précis
que nous avions convenus
et, comme j'étais en avance, je convins qu'elles avaient autant envie
que
moi que ça se fasse... Je me garais à leur côté,
ouvris la vitre, et elles en
firent autant. Nous nous présentâmes. J'avais le cœur serré,
j'étais comme
déterré et tout à fait à côté de
la plaque. C'était un rêve, sûrement, mais
très réel. Jamais je n'avais ressenti cela auparavant. Je
vis que les filles
étaient loin d'être à l'aise, elles aussi. Nous nous
en tînmes au rituel
convenu, sans nous en écarter le moins du monde. Elles démarrèrent
et je
les suivis ; une douzaine de kilomètres plus loin, à l'opposé
de mon chez
moi, nous aboutîmes à l'orée d'un bois dense. Un chemin
de gravasses s'y
ouvrait, que nous empruntâmes.
Elle habitaient une fermette dix–neuvième
en calcaire jaune et
parfaitement retapée. Elles étaient là sur le divan,
en face de moi, et nous
sirotions des kirs en grignotant des amuse–gueules, constatant tous trois
que ce n'était pas aussi aisé que face au clavier. Je sentais
une connivence
entre elles, et cela engendrait chez moi la sensation qu'un danger me
guettait. Je n'y prêtais cependant pas trop attention car elles
faisaient tout
pour m'être agréables. Pour l'heure nous papotions de ci
et ça, laissant
filer le temps. J'ignore si j'étais seul à me bloquer, mais
nul n'osait
aborder le sujet. Nous nous jaugions à petits regards brefs ; je
détaillais
leurs traits et me visualisais d'avance dans leur intimité. Un
serrement de
poitrine m'étreignait ; j'étais stupéfait de mon
audace, ébahi pour tout
dire...
Le kir, peut–être, je ne sais, mais je fus
soudain bien incapable de me
mouvoir ou même de raisonner. Je m'endormis.
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