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 LE VOEU DES FEES, Chapitre 5, par Edouard Califan 
 
…Dis nous ce que tu veux, c'est ton jour, nous te
                    l'accorderons. 

Chris m'annonçait cela alors qu'elle me portait un café au lit. Sans plus
d'explications, sauf de rajouter que je pouvais vraiment leur demander
n'importe quoi. La connivence que nous avions tous trois était telle qu'il lui
était inutile de s'appesantir. Je savais. Depuis plusieurs jours je n'étais pas
très vaillant. J'étais mou, un peu trop à leur goût. Je réservais ma réponse
pour son retour.

–Puisque vous m'accordez un vœu, je désire que vous vous épiliez le sexe.

Ça m'était venu instinctivement, car, de tout ce que je subissais, c'étaient
ces poils qui m'ennuyaient le plus. Confusément, je ne les avais jamais
aimés. J'en avais touché un mot à Elsa, il y a bien longtemps, mais elle
avait fait semblant de ne pas comprendre. Je ne l'avais plus jamais léchée
depuis, et nous en étions restés là. Mais là, il m'était donné de m'exprimer,
et c'était véritablement ce que je souhaitais le plus ardemment depuis le
début de notre rencontre.

Chris parut extrêmement surprise de ma requête et partit en informer
Eve. Elle me laissèrent seul une grande partie de la matinée. J'entendis la
voiture démarrer, s'éloigner, puis rien d'autre que le piaillement des
moineaux au dehors, et enfin le bruit de la voiture. 

Pas un mot ne fut prononcé par elles ; quant à moi je fus immobilisé et
bâillonné serré, la tête calée par trois oreillers pour mieux voir. Une odeur
de térébenthine chaude envahit la chambre et Eve s'allongea sur le
canapé, face à moi. Elle se déshabilla prestement et son sexe m'apparut,
luisant entre ses deux jambes écartées à outrance. Son visage était pâle
plus que d'ordinaire. Je voulus crier, mais j'en étais empêché. Mes yeux ne
pouvaient se détacher du triangle roux. Chris s'était penchée dessus pour
voir de plus près ; elle caressa longuement la toison d'Eve, qui serrait les
mâchoires et n'était pas à son aise. Elle jouèrent le jeu, toutefois. Avec art
et passion, comme toujours. Chris raccourcit tout d'abord les poils d'Eve
avec de petits ciseaux nickelés, lentement, un peu mais pas trop. Eve fixait
le vide, et moi, accessoirement. Je ne savais déchiffrer son regard. Cela
aussi, c'était nouveau. J'étais à elles deux, et lié de surcroît, par un
serment et vingt–quatre chaînettes rétractiles, parfaitement passif et, par
mon biais néanmoins, elles agissaient pour moi. 

Par touches infimes de cire chaude, étalée délicatement au plus intime
d'Eve, Chris retirait d'un geste sec l'obstacle qu'à mes yeux représentait
ce fatras de poils rêches. Cela prit un long temps, une heure ou plus. Eve
fermait les yeux à chaque arrachement, comme si on lui avait retiré un peu
de sa substance propre. Elle me maudissait, je le voyais, et je voyais aussi
les yeux de Chris qui s'agrandissaient et s'arrondissaient, buvant la scène
avec une délectation manifeste, allant d'un corps à l'autre, agissant seule.
En silence nous contemplâmes tous trois le sexe d'Eve. Il était
véritablement beau, longiligne et sans hésitation, fendu d'un trait net, avec
deux lèvres d'un rose fleur absolument ravissant. Chris la complimenta, et
puis ce fut son tour. Eve resta nue, alors que Chris se découvrait soudain
des pudeurs toutes neuves. Elle était excitée et cela se voyait. Elle mourait
de trac, aussi. Eve se fit incisive lorsque Chris eut du mal à se positionner
face à moi. Elle la rudoya.

–Allez, c'est toi qui as eu l'idée, c'est à toi de la vivre, maintenant! Allez,
fais pas la conne, quoi! Et regarde–le bien dans les yeux, lui! C'est lui qui
est à nous, pas le contraire...

Chris pleura tout du long, à chaudes larmes, à bouillons. Elle se sentait
plus que nue, et vraiment je n'ai plus rien, maintenant, rien du tout... J'étais
ému, autant par le dénudage intégral auquel elle se livrait que par son
immense détresse face à moi, son prisonnier.

Eve rayonnait, par contraste. Un changement avait lieu sous mes yeux. Je
ne l'avais jamais vue aussi belle et désirable. Je lui exprimai mon désir de
la seule façon qu'il m'était possible. Je bandais aussi pour Chris, car elle
m'avait ému, de toutes les manières possibles. 

C'est les yeux toujours débandés que je les fis jouir de ma langue, l'une
après l'autre. Eve mit moins longtemps qu'à l'ordinaire et son plaisir fut
fort, ce jour–là et les suivants ; quand à Chris, il me fallut un tantinet
d'obstination pour la faire s'oublier, mais la douceur nouvelle et suave de
son sexe finit par la réjouir délicieusement. 

 

 
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