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Mes plus lointains souvenirs remontent donc à cette époque
reculée du Nephilim Merlin. Je parle de Merlin, et non d'Arthur, car
la Table Ronde, Arthur, et tout ce que les humains considèrent aujourd'hui
comme des légendes n'auraient sans doute jamais vu le jour sans Merlin.
Merlin, seigneur et maître des Nephilim de cette époque, Merlin que j'eus la joie de
connaître en tant que professeur.
Mais avant de connaître Merlin, ma vie terrestre à cette époque eut de nombreux
rebondissements. Je m'incarnai d'ailleurs pour commencer dans une période de troubles,
en l'an 407 de notre ère,
alors que les Romains dominaient une grande partie de l'Europe occidentale.
Ce réveil eut lieu dans la ville de Lutetia, telle qu'elle était nommée à l'époque,
et j'ai plaisir à penser que de nouveau, aujourd'hui, c'est à Paris, ancienne Lutetia,
que j'ai établi ma demeure.
Cependant, à l'époque, cette cité retranchée n'était pas encore la ville rayonnante telle
qu'on peut la voir aujourd'hui, et les Romains n'avaient pas les mêmes notions de liberté
que celles qui sont en vigueur actuellement. Je dirais plutôt que j'eus à souffrir assez
vite de leurs méfaits. Oh, ne vous inquiétez pas pour moi, je suis encore là pour en parler,
et c'est bien la preuve que ce ne fut pas si terrible que cela. Cependant, je commençai par
m'incarner dans une guérisseuse celte volontaire pour l'opération.C'était plutôt aimable de
sa part, même si j'appris très vite qu'à l'époque, les guérisseurs
et autres chamans étaient plutôt mal vus, je dirais même pourchassés. Mais grâce à l'aide
du Nephilim qui m'avait éveillé, je pus gagner la Bretagne, et
de là traverser la Manche.
De l'autre côté, l'agitation était plus forte encore, car les Romains pourchassaient et
exterminaient ceux de notre race, mais paradoxalement je me sentais bien mieux là-bas,
au côté de mes frères. Bientôt, le calme revint, mais pas pour longtemps car les adeptes du
Culte du Dragon firent choir le pouvoir établi.
Et pour la première fois (dont je me souvienne), j'eus le coeur
déchiré. En effet, les Nephilim s'entre-tuaient sous le regard amusé
des Templiers : le Culte du Dragon s'opposait aux volontés unificatrices de Merlin
et de son disciple Arthur, ce qui donna lieu à d'épiques
combats. Les effets-dragons, d'antiques Dra-ka-on et les puissances primales des champs magiques
combattaient pour les uns, alors que les créatures nées de ces mêmes champs magiques venaient
appuyer les autres.
Je ne pus dans ces premiers temps contempler la richesse de ces créatures, car elles étaient nées
pour combattre, et elles ne survivaient jamais très longtemps à la violence des combats d'alors.
Je compris cependant une chose, c'est qu'il me faudrait choisir un camp. Et j'espère que
jamais plus je n'aurai de nouveau à détruire de mes propres mains d'autres Nephilim, Avez-vous
déjà ressenti, vous, ce cri de douleur, cette onde de choc qui étreint votre pentacle toujours trop
près, le choc du Shakra tout d'abord, puis cette impression de néant qui vous emplit ensuite,
lorsque vous venez de porter le coup fatal ?
Cette période fut certainement la plus dure pour moi, mais je ne pouvais rester inactif devant
les idées destructrices prônées par ces Nephilim menés par Morgane, d'autant que je ne pouvais
que frémir d'horreur face à cette idée qu'ils avaient de tout dédier à Gaia, la terre primordiale,
à laquelle ils sacrifiaient des Eolim et des Hydrim incarnés de force dans des nourissons humains.
C'était, après tout, peut-être une forme de Khaïba. Dans ce cas, ce n'était probablement pas de leur
faute, mais on peut comprendre alors l'acharnement qu'ont eu, et qu'ont encore aujourd'hui, les
adoptés de la Force à pourchasser ces pauvres êtres, même si personnellement je ne puis l'accepter.
C'est pendant cette période de combats, alors que j'avais choisi le camp de la Force, que je profitai
des premiers enseignements de Merlin. Jamais je ne pourrai oublier cette première impression que
j'ai eue lorsque Merlin invoqua devant moi le Seigneur des Courants Aériens, et qu'il lui demanda
de m'emporter dans les airs. Cet aigle majestueux, aujourd'hui encore je le respecte, aujourd'hui
encore il vient parfois à mon aide. Et c'est alors que je compris une
chose : la Kabbale serait ma voie.
La Kabbale. Voilà ce qui m'est le plus
cher au monde. Je me souviens encore de mes débuts hésitants, de mes difficultés à
comprendre ce simple principe : non, les champs magiques ne sont pas seulement des
courants que l'on manipule. Il faut les respecter, les sentir, pour enfin percevoir
toute la vie qui en émane, et à ce moment-là seulement, les multitudes de créatures
qui y vivent acceptent de communiquer avec nous, leurs cousins affaiblis.
Car on ne peut imaginer la richesse de ces mondes, qui possèdent leurs géographies propres, dans
des dimensions que les humains ne peuvent imaginer, ces mondes dont les Akasha ne sont que des pâles
reflets, ces mondes infinis qui se rejoignent au sommet de la sapience.
Je profitais donc des enseignements de Merlin pendant quelques années, avant de tomber un jour
dans une embuscade menée par des brigands qui tuèrent mon simulacre. Ces malandrins ne savaient
probablement pas que par là-même, ils me forçaient à réintégrer la statuette d'ivoire qui était
alors ma stase.
Je m'éveillai donc à nouveau aux perceptions terrestres en l'an 1193, dans une ville qui
ne m'était pas inconnue. Cette ville, c'était Paris. Les troubles du début du Moyen-Age
étaient passés, et je fus rendu à la conscience terrestre par un kabbaliste humain.
C'était un Parfait, un adepte de la religion que l'on nommait catharisme à l'époque.
Il savait (dieu seul sait comment) que ma stase renfermait un être magique : moi.
Et c'est en tentant de l'invoquer qu'il réussit sa tentative. Je ne remplis cependant
pas toutes ses espérances il me semble, car il m'a paru assez surpris
du résultat. Après avoir consulté sa mémoire, je me rendis compte que sa religion était
très proche de certaines religions manichéennes du début de l'histoire. La dualité
bien / mal, et toutes les symboliques associées. Pour lui le monde terrestre n'était rien
d'autre qu'une sorte d'enfer, et il aspirait à rejoindre un monde complètement spirituel.
C'était une sorte de privilégié de sa religion, qui comptait nombres de fidèles, mais
très peu de Parfaits, seuls fidèles à pouvoir prétendre un jour, au terme de nombreuses
réincarnations successives, atteindre le Paradis spirituel. Quelquepart, cela me rappela
tristement quelle était notre condition de Déchus, nous aussi condamnés à nous réincarner
encore et encore jusqu'à l'Agartha...
Enfin... Christian (mon nouveau simulacre) projetait de se rendre en Occitanie, afin d'y rencontrer d'autres kabbalistes.
Je me dis : pourquoi pas ? Après tout, ma soif de connaissance en général et dans le
domaine de la Kabbale n'avait fait que croître pendant mon sommeil, d'autant que j'avais
probablement perdu beaucoup. J'entrepris donc un long voyage à pied vers le Comté de Toulouse,
où je pourrais à coup sûr rencontrer de nombreux frères, loin des soucis des Templiers, qui à l'époque
étaient plus occupés à étendre leur domination sur le Moyen-Orient qu'autre chose...
En terre cathare, les idées circulaient librement, les connaissances aussi, en fait, la région
toute entière était une véritable mine de Sapience. Mais ce rêve trop beau ne pouvait durer longtemps...
En effet, les Templiers, avides de pouvoir, ne pouvaient impunément laisser notre savoir fleurir ainsi.
Ils usèrent donc de leurs appuis à Rome, dans les couloirs de la Basilique Saint-Pierre,
et finalement le Pape appela une croisade contre ce havre de paix et de raffinement. La première
citadelle à tomber fut Béziers : elle fut rasée, ses habitants massacrés, qu'ils fussent humains
profanes, initiés ou bien Nephilim. Une à une, les cités florissantes de la région étaient pillées
et détruites par l'Inquisition, sous les ordres du Temple. Finalement, les Croisés arrivèrent aux portes
de Montségur en 1243. La résistance qu'ils y rencontrèrent fut opiniâtre, mais malheureusement
insuffisante. Les chiens de Templiers savaient bien qu'ils nous trouveraiant là, nous, les derniers
Nephilim résistants, et ils avaient apporté de quoi nous décimer : nous devions combattre contre
des épées en Orichalques et nos pauvres frères qu'ils avaient asservis. Moi non plus, je ne pus résister,
et je quittai pour toujours ma statuette d'ivoire pour être enfermé dans l'une de leurs épées,
à de sombres desseins probablement.
Heureusement, je ne connus jamais ces sombres desseins. Il faut croire que ma nouvelle stase
fut volée par je ne sais qui, enfin je n'eus pas le plaisir de devenir homoncule moi aussi.
En effet, je m'éveillai de nouveau en 1378, dans une ville qui cette fois m'était totalement inconnue.
Prague la magnifique. Une fois encore, je fus comme invoqué par un
cercle de kabbalistes humains qui ne savaient pas avec quelles
puissances ils jouaient. Un plexus, dont je ne sais comment ils
avaient réussi à déterminer le lieu et le moment, me libéra de ma
stase, cette nouvelle stase, l'épée templière à laquelle j'étais
désormais lié. Je me souviens encore très bien, il s'agissait d'un
plexus d'eau, et les humains présents confondirent les manifestations
de ce plexus avec les manifestations d'une créature qu'ils
imaginaient.
Cela me donna tout le loisir de posséder l'un d'entre eux, qui
d'ailleurs possédait une bibliothèque étonnamment bien remplie.
C'était un simulacre nettement plus jeune que le précédent,
qui pour autant était très cultivé. Il vécut jusqu'à l'âge avancé
de 97 ans, mais malgré les précautions que j'avais prises en
prévision du moment où il s'éteindrait, je fus attiré de nouveau
vers ma stase.
J'avais cependant eu le temps de me plonger dans le sapience
de ce siècle, et ce fut à cette époque que j'acquis mon indépendance
en matière d'apprentissage de la Kabbale.
En effet, trop longtemps j'avais eu l'habitude de me faire guider
par Merlin, et les premiers obstacles furent difficiles
à passer seul.
Je me souviens avoir étudié longtemps, travaillé durement
des heures entières à chercher à comprendre ce qui parfois
n'allait pas dans tel ou tel pentacle ou telle ou telle
incantation.
Jusqu'au jour où enfin je remis la main sur cette invocation
qui m'avait tant impressionné alors que j'étais jeune élève.
Enfin j'avais entre les mains un parchemin écrit par un de
mes frères, et qui décrivait dans tous ses détails la façon
dont il convenait d'appeler à soi le Seigneur des Courants
Aériens. Mon simulacre avait déjà la soixantaine bien sonnée
quand enfin je compris toutes les subtilités de ce feuillet,
et ce fut alors un réel plaisir que de graver cette invocation
au plus profond de mon pentacle. J'étais désormais certain
de pouvoir appeler à moi cet aigle majestueux pour les siècles
et les siècles...
Voici ce dont je me souviens de mes éveils passés. Mais tout ceci n'est rien en comparaison de ce que j'ai vécu récemment, depuis que je me suis réincarné au vingtième siècle...
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