L'article s'intéresse aux étudiants "exceptionels" d'une langue seconde, d'un point de vue neurolinguistique. Sans les définir, ceux-là sont estimés à environ 5% de la population. À ce jour, les recherches analytiques ont montré que des facteurs liés aussi bien aux aptitudes linguistiques qu'à la personalité identifiaient les étudiants exceptionels. On distingue étudiants et "apprenants"; ces derniers désignant ceux dont le processus d'acquisition de la langue seconde se fait par interaction avec le milieu. Les facteurs de prédiction du succès sont différents pour ces deux groupes. Cependant, l'auteur veut démontrer que, ceteris paribus, on peux distinguer les candidats exceptionels, qu'ils soient "étudiants" ou "apprenants".
Les principaux facteurs prédictifs sont les habiletés d'association de sons et symboles non-familiers, de distinction des règles de grammaire, la capacité de mémorisation et la capacité d'inférence linguistique. On suggère que les hémisphères droit et gauche du cerveau pourraient être impliqués différemment dans l'apprentissage d'une langue seconde. La neurolinguistique a tenté de localiser l'activité cérébrale selon les mouvements oculaires. Cette approche semble discutable. De plus, on constate une très grande variation physiologique interindividuelle du cortex, sans qu'on puisse relier différentes configurations avec différentes aptitudes. Une approche plus concrète consiste à comparer les aptitudes déficientes par rapport aux aptitudes préservées chez les individus ayant subi des lésions cérébrales. Inversement, l'approche de l'auteur consiste à comparer les aptitudes exceptionnelles par rapport aux autres aptitudes chez les prodiges. Les cas particuliers intéressants sont ceux des "idiots savants". On peut montrer les liens, ou l'absence de liens entre certaines aptitudes, comme, par exemple, le calcul mental qui est tout à fait indépendant de l'intelligence mathématique. Une troisième approche consiste à observer les patterns associatifs d'aptitudes et, si possible, d'effectuer des examens physiologiques comparatifs post-mortems.
L'article illustre l'approche par patterns par l'examen d'un sujet prodige polyglotte particulier. Le sujet a une intelligence moyenne, démontre peu de capacités d'abstraction, une grande capacité d'acquisition de vocabulaire et d'identification de modèles formels. L'évaluation consciente de la langue ainsi que son usage ne semblent pas exceptionnels. Il montre des lacunes dans les tests d'aptitudes spacio-visuels. Sa mémoire sonore n'est pas significativement supérieure à la moyenne, tandis que l'oreille musicale et la mémoire rythmique sont légèrement inférieurs à la moyenne. La mémoire des textes et des mots dissociés est tout-à-fait exceptionnelle, tandis que la mémoire des chiffres et des symboles visuels complexes est ordinaire. Quant aux facteurs reliés à la personnalité, ils sont peu concluants.
Le cas semble aller dans le sens de certaines théories ou à-priori et en contrarier d'autres. Cependant, l'examen d'un seul individu n'a qu'une valeur anecdotique, et non scientifique. En ce qui concerne les sous-doués de l'apprentissage de L2, on rapporte subjectivement un cas, puis une étude dans une population hispano-américaine qui montrent un lien inverse entre l'habileté spacio-visuelle et la capacité d'acquisition de L2.