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Le
langage du cheval...
Qui peut se vanter
de très bien comprendre le cheval et de penser en cheval?
Un rêve fou... Pourquoi nous est-il Si difficile de comprendre
les réactions de notre ami? Question de bon sens, de don ou
de sens de la vie tout simplement... Il s'agit de voir
le cheval tel qu'il est. Celui-ci demande de vivre en
accord avec ses instincts profonds. Il est une créature de
grands espaces.
Son instinct grégaire
le fait travailler avec bonne volonté lorsqu'il a de la compagnie.
Le contact avec ses congénères lui est nécessaire. Souvent
le jeune cheval refuse de travailler seul, il devient nerveux...
son entraîneur aussi. Pour le remettre dans le droit chemin,
les risques doivent être calculés. Il faut alors des trésors
de patience de la part de l'entraîneur.
Dans un troupeau
de chevaux comme dans tout groupe social, une hiérarchie s'établit.
Qui dit hiérarchie sociale dit aussi préférences, alliances,
voire amitiés. On trouve souvent les deux mêmes copains dans
le même coin du pâturage en train de se mordiller mutuellement...
Le cheval est
aussi joueur. Mais le jeu des échecs lui est incompréhensible
(sauf pour Jolly Jumper, le cheval de Lucky Luke!). Il a ses
propres jeux qui nous sont aussi incompréhensibles et qui
revêtent parfois à nos yeux tous les aspects de la bêtise
ou de la méchanceté. Joueur, le cheval l'est comme tous les
mammifères, et ses jeux ne sont souvent qu'un entraînement
à la vie, à la survie.
Le jeune poulain
qui gambade dans un pré et donne des coups de cul ne veut
en fait que s'entraîner à la fuite, à la défense. Plus tard,
il va jouer avec ses congénères... et apprendre à se battre.
Et il s'agit bien d'un jeu, même s'il paraît parfois violent;
dès que l'un des protagonistes ressent une douleur trop vive,
il prévient, et le jeu s'arrête pour reprendre quelques instants
plus tard.
Le jeu devient
aussi un palliatif de l'ennui. Le cheval gratte du pied,
tape dans la porte de son box, suce à droite et à gauche ce
qui lui tombe sous la langue, lèche une planche, ronge le
bois. Horreur du propriétaire! Le cheval a un vice! La solution
est radicale... On enduit la planche de liquide pimenté. La
vrai solution serait de le détendre plus souvent ou de lui
donner une compagnie, des "jouets", un bloc de sel peut-être,
afin de lui permettre de passer son temps autrement qu'en
rongeant son box. L'ennui le gagne d'autant plus facilement
que dans la nature le cheval passe des heures à se nourrir
tandis que dans son box, il engloutit en peu de temps Sa nourriture
(granulés, luzerne, etc., nourriture très vite avalée).
L'instinct
social du cheval lui donne l'esprit d'imitation. C'est
un mal qui se répand. Faute de pouvoir se détendre, jouer,
tromper son ennui, il commence à arpenter sa "cellule". Ce
signe d'ennui peut devenir la simple répétition d'une action
non constructive, un vice, alors un tic. Au lieu de pallier
l'ennui du cheval, on confond trop souvent cause et effet,
on ferme la porte du box pour des jours, des semaines trop
longues...
Le cheval est
sociable avec tout animal qui ne cherche pas à le manger,
donc avec l'homme (bien que parfois...) A défaut de pouvoir
jouer à cache-cache, il invite l'homme à ses jeux et lorsqu'il
cherche à mordiller, sans tenir compte de la mineur de la
peau et de la fragilité humaine, Il montre qu'il a envie
de jouer et le ferait avec un autre cheval. Un mouvement pour
l'écarter lui laisse entendre que le "jeu" est accepté alors
que l'immobilité, Si on le fixe dans les yeux, a pour lui
la signification inverse. Instinctivement, notre premier
mouvement est de l'écarter... Nous ne sommes pas des chevaux
mais de pauvres humains! Il est évident que le cheval qui
cherche à jouer en mordillant n'est pas celui qui montre les
dents ou qui couche les oreilles à la porte de son box. Méchant
celui-là? ou trop gâté? enfermé trop longuement?
Le cheval cessera
de jouer à partir du moment où son besoin de jeu sera surpassé
par un autre besoin plus puissant. La gourmandise par exemple.
Si la présence de son maître à la lisière du pré, le licol
à la main, signifie pour lui avoine, promenade ou promesse
d'une compagnie qu'il aime, il laissera momentanément le jeu
de côté.
Comme la plupart
des animaux, le cheval aime courir sur ce qui fuit devant
lui. Aussi, pour le cavalier, il suffit de canaliser ses instincts
pour obtenir de lui un maximum d'efficacité au travail ou
au jeu. Les jeux humains et ceux du cheval ne sont pas toujours
Si éloignés les uns des autres. Cheval et cavalier prennent
souvent leur plaisir ensemble. Hélas, trop souvent l'homme
se prend pour l'animal supérieur. C'est sans doute pour cette
bonne raison que l'homme n'a jamais réussi à percer le langage
des animaux et n'a su se faire imiter que de certains (perroquets,
singes). Le cheval a son langage, l'homme le sien,
et entre eux il ne peut guère s'établir qu'un code imparfait
d'erreurs de toutes sortes, surtout de la part de l'homme
qui cherche à obtenir, alors que le cheval ne cherche qu'à
vivre.
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