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Communisme - Elements
De Reflexion (4)



ÉTAT, NATION... OU COMMUNAUTE HUMAINE

L'Etat, c'est à dire l'organisation de la séparation des hommes entre maîtres et sujets du pouvoir, a toujours pris appui sur la notion de territoire qui a toujours correspondu pour les différents exploiteurs à la nécessité à la fois de fixer leurs esclaves, sujets, sur un territoire déterminé, et de marquer la distance avec d'éventuels ennemis en leur faisant savoir qu'à tel endroit hommes, animaux, plantes, leurs appartenaient.

L'idée nationale s'est appuyée sur les mythes engendrés par la sédentarisation : mythes du pays natal, de l'étranger... mythes qui bornent la vision du monde, qui la mutilent. Le développement des rapports marchands, déterminant puis dissolvant les rapports hiérarchiques ou communautaires par lesquels s'exprimaient directement la dépendance et/ou la coopération entre les hommes, n'a pas remis en cause cette dépendance au territoire, puisque la formation d'Etats nationaux, le mythe de la patrie, sont le fruit direct de l'avènement du capitalisme. Récupérant à la fois les limites et les aspirations des anciennes communautés, le capitalisme valorise non une communauté réelle, mais l'image d'une communauté que traduit le fétichisme débile du drapeau et du héros national. La montée de rapports impersonnels entre les hommes s'est ainsi accompagnée de l'invention d'une communauté de destin masquant la division entre classes socialement antagonistes; permettant une rationalisation de la domination du capitalisme en imposant à ses gestionnaires, que la concurrence divise, une unité correspondant aux intérêts supérieurs de l'Etat gardien et gérant du rapport social général, le protégeant contre les influences dissolvantes du marché.

Si cette domination capitaliste s'abrite derrière des frontières, elle s'est appuyée sur un mouvement de mondialisation des rapports marchands, sur la tendance impérialiste a conquérir, unifier, et si nécessaire constituer les marchés. La colonisation, les guerres mondiales, le développement de nouveaux pôles d'accumulation, la constitution de nouveaux Etats nationaux ont été des étapes de ce mouvement. A l'époque contemporaine, l'échange uniformise la vie à travers le monde et c'est le même type d'alimentation, d'urbanisme, d'enseignement, d'information, que l'on retrouve partout. La couleur locale sauvegardée est un gadget commercial concourant à la généralisation de l'échange. Le nationalisme, la xénophobie, se sont par contre développés au fur et à mesure que se dégradaient la connaissance et l'enracinement de l'homme dans son environnement.

Le communisme, c'est la rupture avec les vieilles notions de territoire, de patrie, de nation, d'État. Les problèmes qu'il aura à résoudre seront mondiaux ils ne pourront être résolus que par une communauté humaine mondiale brisant totalement tous les carcans nationaux et internationaux.

En rupture avec la « logique du progrès », la révolution communiste devra prendre en compte sur les bases les plus larges la protection de la nature et de ceux qui y vivent. Le communisme ne s'installera pas comme le capitalisme par l'imposition d'une structure sociale désagrégeant les communautés traditionnelles. Il est pratiquement sûr que les population concernées et leurs rapports au reste de l'humanité se transformeront. Mais cette transformation n'aura pas d'abord été une destruction des hommes et un reniement des valeurs communautaires.

Le communisme introduira une liberté inconnue jusqu'alors : celle de voyager partout à la surface de la planète sans avoir à se justifier et présenter des papiers, celle d'aller où l'on veut quand on veut, pour y séjourner aussi longtemps que l'on veut. Les hommes n'étant plus prisonniers derrière des frontières étatiques, c'est aussi les frontières culturelles et ethniques qui s'évanouiront. La seule collectivité dans le communisme serait la communauté humaine, organisée sur des bases égalitaires et communautaires, qui prendrait évidemment la forme de collectivités particulières mais où l'homme n'aurait plus la vision bornée de celui d'aujourd'hui puisqu'il saurait d'une part que les différences pouvant exister entre communautés ne constituent pas des obstacles à l'ouverture sur l'extérieur mais des aspects vivants d'une même humanité, et d'autre part qu'il peut au gré de ses besoins et désirs rejoindre et participer à telle ou telle communauté sans que l'origine de sa naissance soit un obstacle à son intégration.



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