Le mythe, source de réflexion

Les dramaturges abordent dans leur soeuvres les questions les plus graves et les plus universelles.
La Machine infernale de Cocteau est une réflexion sur le destin et le temps. Une vie nous apparaît en effet comme une longue succession de jours mais, vu de haut ou de loin, au regard des siècles ou d'un dieu, elle n'est qu'un instant.
Giraudoux assignait au théâtre une fonction éducative : celle d'élever l'esprit : " Le spectacle est la seule forme d 'éducation morale ou artistique d'une nation " (" Discours sur le théâtre "). Chacun à sa façon, Cocteau, Sartre et Anouilh partagent la même ambition. Ainsi, La guerre de Troie n'aura pas lieu est une méditation sur le pacifisme, l'amour et la fatalité de la guerre ; Electre, sur la justice et la pureté ; Antigone sur les formes et les conditions du bonheur ; Les Mouches, sur l'aliénation et la liberté.
L'écriture même de leur pièce s'en ressent. Celles-ci comportent de longues tirades qui sont autant d'échanges d'arguments, et de scènes de confrontation, qui tournent à la joute intellectuelle. Prenons l'exemple de La guerre de Troie n'aura pas lieu, où Ulysse et Hector dissertent sur l'illusion qu'ont les hommes d'être libres, alors que les événements finissent toujours par décider pour eux. Electre renferme des discours sur l'art de gouverner, sur la justice, sur les besoins matériels et spirituels d'un peuple.
De plus, les protagonistes de ces pièces sont souvent de qualité. L'Egisthe d'Electre, l'Egisthe des Mouches, Créon dans Antigone ne sont plus les tyrans sanguinaires et cupides que se plaisaient à dépeindre les dramaturges grecs. Face au héros, ils ont des raisons à faire valoir, qu'on ne peut balayer d'un revers de main. Les débats cessent en conséquence d'être simplistes. Ils y gagnent en intensité, et le plaisir de l'esprit s'en accroît d'autant.

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Littérature [3/10]