Voici les entrevues
accordées dans le cadre du dossier spécial que
l'hebdomadaire français a consacré à la
F-M
- Philippe
Guglielmi, grand Maître du Grand Orient, de France est pour
la clarification politique "Assez de complaisance avec
l'extrême droite"
- Guy
Penne, sénateur PS et maçon est partisan de la
conciliation. "La fraternité, c'est
formidable"
- Jean
Verdun, ancien grand maître de la Grande Loge de France est
le chantre de la libération et de la construction. "Non au
secret à caractère mafieux"
- Claude
Saliceti, ancien grand commandeur du collège des rites du
Grand Orient, est le gardien de la tradition au sein de
l'obédience. "La crise résulte de
l'infidélité à nos principes
".
- Jean-Claude
Bousquet, nouveau grand maître de la Grande Loge de France
ne veut pas rompre avec les rites initiatiques traditionnels.
"Sans initiation, pas de quête de la vérité"
- Nicole
Pinard, grande maîtresse de la Grande Loge féminine
de France, est la voix féministe de la
franc-maçonnerie. "Osons enfin ôter nos
oripeaux"
- Le témoignage d'un
maçon en quête de sens. "J'ai renoncé à
changer le monde"
Lorsque je suis entré en
franc-maçonnerie, Il y a une quinzaine d'années, dit un
frère de la Grande Loge de France, je me trouvais
confronté, à un sentiment de vide. J'avais une vision
du monde presque militante. Mais, j'ai pris conscience, petit
à petit, que mes difficultés ne venaient pas de
l'extérieur mais de l'intérieur. Pour changer le monde,
il fallait d'abord que je change, profondément. Ma vie alors a
basculé, ma vie de couple comme ma vie professionnelle. La
manière dont je perçois les autres s'est
modifiée. Aujourd'hui, je suis beaucoup moins dans le
jugement, j'accepte davantage l'autre tel qu'il est, sans vouloir le
changer. C'est le fruit d'une mutation intérieure, d'une
élévation progressive de conscience. La
franc-maçonnerie engage un processus sur ce plan-là,
presque à son corps défendant. Elle est même
entièrement construite sur ce processus. L'acte initiatique,
c'est une rupture qui permet de passer d'un plan à un autre.
Ce n'est pas un processus intellectuel, mais une sorte de violence
psychologique, qui vient chercher au fond de soi des
vérités enfouies. On devient une sorte de chercheur. Et
pour cela, on a besoin d'outils: ce sont les symboles. Ils englobent
une réalité vaste, cachée, secrète. En
travaillant dessus, on est amené à découvrir
cette partie cachée qui est en nous. En même temps, ils
ont une réalité objective. Ainsi pour chaque symbole,
apparaît un point de convergence, au delà de chaque
subjectivité.
J'étais au départ un " bon
ouvrier ", qui travaillait dans l'idée de perfection.
J'étais obsédé par la réussite. Cela
aussi a changé profondément. Degré après
degré, année après année, je me suis
rapproché de plus en plus de mon centre réel. Je n'ai
plus accepté d'être en trop grand décalage entre
ce que je suis et ce que je fais. J'étais chef d'entreprise,
je le suis toujours. Mais à un moment donné, alors que
je vivais une réussite exemplaire, tout s'est effondré.
Je pense que c'est le fruit de mon itinéraire d'homme à
travers la franc-maçonnerie. Je suis devenu thérapeute.
Je croyais aimer les gens, le monde, mais, en réalité,
je me suis rendu compte que j'avais beaucoup de mal à aimer
véritablement. Inconsciemment, en entrant en
maçonnerie, c'est sans doute cela que je cherchais: apprendre
à aimer.