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BMW R 1150
GS
Une
machine qui sait se faire respecter :
Il
y a vingt ans que BMW créait la surprise en commercialisant le premier
trail bicylindre, qui était aussi le seul à excéder
500cc. Depuis, l'histoire motocycliste a donné raison au constructeur
bavarois puisque toutes les marques s'y sont essayées et que 115.000
(!) GS ont trouvé acquéreurs…
20
ans de tradition
La
R 1150 GS apparaît donc comme l'héritière d'un solide
patrimoine opérant aussi bien sur les terrains (Gelände) que
sur les routes (Strasse). Mais ce n'est pas ce que retient le premier coup
d'œil, car ce qui impressionne d'abord, ce sont le gabarit et l'esthétique
de la moto. Les mensurations de la GS sont vraiment imposantes: haute et
volumineuse, le coloris jaune lui donne encore plus d'ampleur. Nous préférons
d'ailleurs nettement le noir, plus sobre, et surtout le gris, très
classe avec sa selle rouge. Ceci dit, avec 249kg tous pleins faits, la
moto est plus légère que ce que suggère sa silhouette.
Et l'esthétique? Disons que, comme la plupart des Béhèmes,
la 1150 ne laisse pas indifférent. Certains la trouvent belle et
brutale parce qu'elle exhibe ses entrailles sans vergogne, tandis que d'autres
préfèrent ne rien dire pour rester courtois… Personnellement,
je la trouve en tous cas plus aboutie que la version précédente
et, quoi qu'il en soit, il faut reconnaître que le constructeur sait
nous proposer des machines typées dont le phare asymétrique
pourrait bien devenir une image de marque aussi parlante que la calandre
de ses voitures.
La
bête au repos:
Les nouveaux
commodos, qui regroupent désormais toutes les commandes sont splendides
avec leur maître-cylindre intégré et la finition est
-ou plutôt semble- parfaite. Je ddis "semble" parce que certains e-mails
qui sont parvenus à la rédaction font état de BMW
récentes qui ne vieillissent pas si bien que cela…
En
dehors de ceci, l'excellent alterne avec le regrettable: ainsi, le porte-bagages
est de belle qualité mais trop petit pour y arrimer un "vrai" sac;
les leviers sont réglables mais restent désespérément
loin de vos mains; la trousse à outils est de qualité mais
elle consomme toute la place disponible sous la selle; le pare-brise est
réglable (et même amovible) mais pas sans outil. Ajoutons
que la selle du pilote est réglable en hauteur et que la molette
de précontrainte de l'amortisseur arrière est très
accessible. On peut aussi signaler la présence de feux de détresse
et d'un display digital regroupant horloge, jauge à essence, température
d'huile et indicateur de vitesse enclenchée. Quant au "bec de canard",
il est supposé améliorer le contact au sol à haute
vitesse et seconder le garde-boue: s'il m'a semblé s'acquitter parfaitement
de son rôle aérodynamique, il n'empêche cependant pas
le réservoir d'être repeint par des saletés diverses.
Un
confort réel:
Les deux
portions de selle sont accueillantes et moelleuses, les jambes sont idéalement
placées (pour le passager aussi!) et la pression du vent est efficacement
amoindrie par la bulle. Malheureusement, cette dernière soumet le
casque du pilote à de pénibles turbulences à haute
vitesse; le phénomène s'atténue avec la bulle en position
basse, mais ne disparaît cependant pas. Autre élément
de confort primordial, les suspensions. Dans ce domaine, la grosse GS (la
850 reste inchangée au catalogue) réalise le coup parfait
parce que tant le télélever avant que le paralever arrière
se montrent d'une grande rigueur dynamique tout en étant jamais
trop fermes et en dissipant les inégalités routières.
Dans ces conditions, on peut voyager loin sans regretter le confort cossu
d'une automobile. Et cela d'autant que les vibrations sont très
nettement atténuées par rapport à la R1100S dont le
bloc propulseur est pourtant proche de celui-ci. On les sent toujours,
naturellement, mais cette fois c'est supportable. Le sixième rapport,
largement surmultiplié, contribue grandement à les effacer
tout en ayant une influence bénéfique sur les consommations.
Bien vu.
En
avoir ou pas:
La "pêche",
l'essence même d'un bicylindre qui se respecte… Plus de puissance
(85cv contre 80), plus de couple (98Nm contre 97), plus de cylindrée
et une courbe de puissance mieux remplie, autant d'éléments
qui ne peuvent mentir. De fait, la poussée est très franche
à chaque rotation de la poignée droite; pas de coup de botte
sauvage mais des sensations suffisamment présentes pour que le pilote
de la R 1150 GS puisse se faire plaisir sans devoir affoler les chronos…
ou les radars. Si l'on excepte un certain manque de souplesse qui n'était
pas le partage de la 1100 GS (à cause de l'alésage supérieur?),
ce moteur-là a les moyens de vous ravir au quotidien, et c'est une
qualité essentielle. Les performances atteintes sont d'ailleurs
de haut niveau pour un trail de cette catégorie puisqu'il dépasse
les 200km/h au compteur.
Un
bilan que ne ternissent nullement les qualités routières
de l'engin: la tenue de cap est magistrale quelle que soit l'allure (merci
au télélever) et l'efficacité générale
ne souffre pas des changements d'angle (merci au paralever et au bras oscillant
raccourci). On touche ici un autre point fort de la 1150 GS: son aptitude
à faire oublier poids et gabarit dès les plus basses vitesses;
même en ville, on n'en souffre pas et le rayon de braquage mesuré
fait merveille. Il n'y a vraiment que dans des "pif-paf" serrés
qu'elle peut se montrer un peu rétive; et encore, je pinaille.
Quel
tableau flatteur, n'est-ce pas? Il reste néanmoins un sérieux
bémol: cette … (censuré) boîte de vitesses. Ca, c'est
du béhème pur jus dans la mauvaise acception du terme: dure
et imprécise la boîte (de notre machine d'essai en tous cas)
verrouille mal. Résultat: de très nombreux faux points morts
qui peuvent s'avérer problématiques si l'on est en pleine
accélération par exemple. Le comble, c'est que l'indicateur
de rapport enclenché est, lui aussi, la dupe de la boîte et
vous dit que la vitesse est passée alors qu'il n'en est rien. Nondidjûû!
Le
freinage, quant à lui, est puissant mais pas assez facilement dosable
en raison d'un levier demandant trop d'effort. Mauvais pour le feeling,
ça. Par contre, l'arrière est rassurant et très conciliant.
J'ajouterai
qu'en ne craignant pas de me faire plaisir en sollicitant la poignée
des gaz, la consommation moyenne de l'essai n'a pas dépassé
7,6l/100km, ce qui est extrêmement raisonnable (demandez donc à
un possesseur de Varadero ce qu'il en pense.)
Bon,
et alors?
Disons
que je ne rangerais pas la R 1150 GS dans la catégorie des motos
passion. Pourtant, de jour en jour, la grosse BMW sait se faire respecter
en imposant son caractère moteur, son confort et sa polyvalence.
Au départ, on se dit peut-être "je n'en voudrais pas", mais
à l'arrivée, on la remet à regret. Tout Béhème
est dans cette remarque…
Tout
comme dans les listes d'options d'ailleurs… Citons entre autres: poignées
chauffantes ; ABS ; protège-mains ; ensemble valises et top-case
; etc.
Fiche
technique BMW R 1150 GS
Prix:
11266 Euros

moteur
Type
: flat-twin ; 4-T, refroid. liquide ; 8 soupapes
Cylindrée
(alésage X course) : 1130cc (101X70,5mm)
Puissance
: 85cv à 6750t/min
Couple
: 98Nm à 5250t/min
Alimentation
: injection électronique
Boîte
: 6 rapports
Transmission
: arbre et cardan
Partie-cycle
Chasse
: 115mm
Empattement
: 15095mm
Garde
au sol : NC
Suspension
avant : télélever (fourche = guidage uniquement) ; débattement
190mm
Suspension
arrière : mono-amortisseur; débattement 200mm ; réglable
en précontrainte
Frein
avant : 2 disques 305mm ; étriers 4 pistons
Frein
arrière : disque 276mm ; étrier 2 pistons
Pneu
avant : 110/80X19
Pneu
arrière : 150/70/17
Hauteur
de selle : 840 ou 860mm
Poids
à sec : +/- 223kg
Capacité
réservoir : 22,1L
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